Réception des mangas en Europe

Projet de recherche mené par le Manga Network, un groupe fondé par le Professeur Jean-Marie Bouissou du CERI (Centre d’Etude et de Recherche Internationale) à Paris.

I. Un ouvrage collectif sur la réception du manga en Europe et sa production actuelle

Depuis le début des années 90, le manga s’est lancé à la conquête de l’Europe en passant par des pays déjà familiers des univers narratifs japonais grâce à la diffusion des version animées de ces récits dans les années 80, notamment l’Italie et la France. Si son entrée sur les marchés nationaux de l’édition papier s’est faite discrètement, sa progression a été, elle, fulgurante, surtout ces dernières années. En France, le manga représente à lui seul plus du 1/3 du marché de la bande dessinée. Le Manga Network s’est donné comme tâche d’étudier la réception du manga en Europe dans l’optique de produire un ouvrage collectif décrivant certains aspects de ce succès, notamment le rôle des fans et de leurs communautés internationales ainsi que des nouvelles technologies. Ce projet comprendra aussi des articles rédigés par des chercheurs japonais et coréens sur la situation de l’industrie du divertissement audiovisuels au Japon et en Corée.

II. Contexte général actuel:

Dans les régions francophones et italophones, le manga et ses lecteurs jouissent depuis une vingtaine d’années d’une assez mauvaise presse, héritée essentiellement des polémiques concernant la qualité des versions animées de ces récits, diffusés à la TV dans les années 80. Cette image se redresse un peu grâce à la critique très favorable aux films d’animation des Studios Ghibli et à quelques chefs-d’œuvre tels qu’Akira, Lone Wolf & Cub ou encore plus récemment NonNonBa de Mizuki Shigeru. Cependant, les critiques autorisés du monde littéraire tendent à diviser le secteur du manga entre une minorité de production de grande qualité, car correspondant à leurs critères esthétiques, et une majorité de séries déconsidérées du fait de leur nature essentiellement commerciale, le sous-entendu étant que ce qui est destinée au grand public ne peut être que de mauvaise qualité. Il va de soi qu’une pareille conception ne réserve pas non plus un jugement positif à ce “grand public”.

Dans les régions germanophones, l’image du manga et de ses lecteurs semble moins écornée, dans la mesure où elles ont été épargnées par les grands débats existentiels et médiatiques cités ci-dessus. Néanmoins, il semble que cet univers à la fois commercial et artistique y génère encore souvent des préjugés négatifs chez ceux qui n’en sont pas familiers. Cela sans compter certains biais médiatiques, comme la focalisation actuelle d’ une partie des journalistes sur les cosplays, décrits généralement comme une pratique un peu étrange de fans ridicules.

L’objectif de la recherche menée par ce groupe est donc d’aller à la rencontre des lecteurs de mangas et de voir de plus près ce qu’il en est de ces publics. Comme je vis en Suisse, la tâche d’explorer les amateurs helvètes de cette culture populaire m’a naturellement échue.

III. Première étape de la recherche – collecte de données générales

La collecte de réponses est à présent terminée. Les résultats seront bientôt publiés, mais il me faut encore adapter la forme de ceux-ci aux contraintes techniques et ergonomiques de ce blog. J’espère donc pouvoir le faire d’ici au mois de Mars.

III.1/ Présentation des premiers résultats de l’enquête

Après plusieurs mois de travail ardu pour le traitement de la masse de données recueillies auprès de 76 personnes dans les 3 régions linguistiques de la Suisse, j’ai enfin pu rassembler les résultats de la première série d’analyses. Celles-ci portaient essentiellement sur les éléments suivants:

  • la consommation (types de mangas appréciés, quantité possédée, mode d’acquisition);
  • les circonstances de la découverte des univers manga (âge, importance de la sphère sociale, intérêt pour l’Asie et le Japon, culture BD, exposition aux animés);
  • le positionnement des participants dans leur environnement social (perception de leur passion par leurs familles, amis, collègues, camarades, mode de socialisation)
  • Participation à des activités collectives autour des univers mangas (fréquentation de convention, pratique du cosplay, membres de groupes, de fanzines, discussion avec fans, créations artistiques).

J’ai ensuite été invitée à présenter ces résultats dans le cadre d’un panel sur la réception des mangas en Europe lors de la conférence organisée par le Professeur Bouissou à Paris, le 15 et 17 mars 2008, intitulée “Mangas, 60 ans après…”. Les résultats de l’enquête en Italie, France et Allemagne y ont également été présentés.

Voici donc une version plus étayée du texte de ma présentation ainsi que les illustrations issus des diapositives PowerPoint. Le contenu de mon intervention était en fait beaucoup plus court, car les intervenants ne se sont vus allouer que 20 minutes chacun.

IV. Deuxième étape de la recherche – collecte de données plus ciblées

On your keyboards!| A vos claviers!

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