Sur un fil de la toile #6-7d | Petite exercice de débat en…quelques lignes!

Bagarre_MangaComme en témoigne mes derniers 3 billets (ici, ici et ici), cela fait maintenant quelques jours que je suis engagée dans une espèce de débat, ou plutôt de polémique, avec lesobservateurs.ch, au sujet de leurs méthodes souvent fortement discutables d’un point de vue déontologique et factuel. Une foire d’empoigne verbale serait d’ailleurs plus appropriée comme expression. Mais, je relève que j’ai quand même réussi à les faire réagir, alors qu’il semblerait que la plupart de leurs lecteurs un peu critiques qui ont tenté d’obtenir des réponses de leur part se sont simplement heurtés à un mur de silence. En effet, il est connu que les responsables de ce blog collectif d’opinion (média d’opinion, paraît-il….mais, je pense que simple blog est plus exact…correct, quoi!) n’acceptent que très rarement de publier des commentaires qui ne sont pas des louanges ou du moins, des propos allant dans leur sens. Il faut donc les piquer au vif et les provoquer pour obtenir une réaction, laquelle pour se faire connaître, doit forcément passer par la publication du commentaire en question. C’est apparemment la seule manière d’engager une discussion contradictoire avec ces gens, enfin, disons plutôt le pugilat, parce qu’on peut difficilement considérer ces échanges comme un dialogue.

Dès le début, mes interlocuteurs ont ainsi essayé de me mettre K.O., en s’en prenant directement à ma personne, laissant entendre que je serais une faible d’esprit frustrée et retenue idéologiquement prisonnière par mon entourage. Malheureusement pour eux, j’ai une sérieuse habitude de la polémique et du débat. Du coup, je ne lâche pas prise si facilement. Les gens qui me connaissent savent que j’adore les discussions contradictoires. Et il y a une bonne raison à cela: J’apprécie de tester mes arguments, positions et hypothèses avec des gens qui ne sont pas d’accord avec mes idées ou ma vision du monde. Sans que cela ne dégénère forcément en gueguerre, mais quand ça arrive, ça ne me pose aucun problème! Même dans ce genre de circonstances, j’arrive à apprendre tout un tas de choses! Et contrairement à certains (suivez mon regard “observateur”….Ok, oui, je sais, c’est nul comme blague!), je suis prête à reconnaître mes erreurs le cas échéants. Cependant, lesobservateurs.ch n’ont aucune obligation de discuter avec moi ou même de me lire et ils me l’ont fait savoir toute à l’heure par ce twit rageur:

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Sur un fil de la toile #6-7c | Il y a décidément vraiment très, très loin du politiquement incorrect au véritable anticonformisme

icon_5 (4)Hier matin, les Observateurs se sont finalement décidés à répondre à mon billet de blog, mais sur Twitter. Malheureusement, leur réponse est loin d’être à la hauteur. En effet, ça commence même très mal:

Vraiment rien? Pas exactement. En les titillant un peu et en leur mettant vraiment sous le nez les cas qui m’ont paru les plus problématiques, ils se sont finalement décidés à me répondre sur deux d’entre eux, mais avec des pirouettes, qui font clairement comprendre qu’ils n’ont aucune intention de reconnaître la moindre erreur, même quand elle danse nue sous leur yeux.

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Sur un fil de la toile #6-7b | Il y a aussi loin de la posture juste littéralement politiquement incorrecte à la position vraiment anticonformiste

Dans un billet récent, constatant qu’il y a loin du simple blog d’opinion au vrai journalisme d’opinion, je relatais brièvement un échange pour le moins acrimonieux qui m’a opposée la Rédaction du blog lesobservateurs.ch le 24 mai 2014. Dans la seconde réponse qu’elle me faisait, elle exprimait l’exigence suivante:

Enfin, venez avec un seul exemple concret de fait erroné énoncé sur ce site, lequel nous serons ravis de corriger. Sinon vous comprendrez que nous n’ayons plus le moindre intérêt à vous répondre et, par conséquent, à vous publier.

Ce que j’ai fait dans le billet en question. Puis, j’ai envoyé un nouveau message, sur la page du même article, annonçant la publication de ce texte recensant non pas UN seul cas de fait erroné énoncé, mais plusieurs, comme le montre la capture d’écran suivante, affichant mon commentaire en attente de modération.

Capture d'écran de mon commentaire en attente de modération, envoyé au billet intitulé "Petite étude du traitement médiatique de l'UDC".

Capture d’écran de mon commentaire en attente de modération, envoyé au billet intitulé “Petite étude du traitement médiatique de l’UDC”, le 30 mai 2014. [Cliquer sur l’image pour l’agrandir]

Je leur aussi envoyé un tweet, mais il est vrai que je n’ai pas été poster cette annonce sur leur page Facebook.

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Sur un fil de la toile #6-7 | Il y a loin du simple blog d’opinion au vrai journalisme d’opinion

lunette_ordinateurII y a quelques semaines, je me suis permise de réagir aux éloges que M. Windisch s’adressait à lui-même au sujet du bilan mirifique de son blog, lesobservateurs.ch, dans la mesure où il avait une manière fort particulière de quantifier son succès, confondant notamment allègrement “pages vues” (c’est-à-dire affichées dans le navigateur) et “pages lues”. Il proposait alors des statistiques mirobolantes, supposées faire verdir de jalousie tous les autres médias romands. Mais, je n’ai que brièvement abordé la question de ce qui l’a motivé à lancer ce qu’il avait alors appelé son «projet de plateforme multimédia d’un type nouveau en Suisse romande». Il s’agissait notamment pour lui de remettre à l’honneur ce qu’il a appelé, dans un de ses tous premiers billets, publié le 29.01.2012, «l’esrpit de recherche», dont il estime, avec raison, qu’il est effectivement souvent en perte de vitesse et dont il donnait alors la définition suivante:

[…]à la fois la rigueur, exactitude et précision dans la vérification; rapidité pour saisir les idées les plus audacieuses et longue patience dans leur élaboration; capacité d’analyse détaillée et de synthèse; esprit positif de soumission aux faits et aptitude au doute et à la critique, capacité à exploiter la fécondité de l’erreur; les progrès de la connaissance contredisent les inerties des représentations stéréotypées; l’esprit de libre examen, d’indépendance; l’imagination, l’audace, l’originalité, l’inventivité, la curiosité, la créativité, le travail prolongé, approfondi et souvent solitaire, etc…

Ces qualités devraient être présentes aussi bien dans les sciences sociales que dans le journalisme. Ces deux domaines professionnels, qui cherchent tous deux à mieux comprendre et à expliquer les réalités sociales, culturelles et politiques, pourraient d’ailleurs collaborer bien davantage afin d’apporter encore plus de connaissances et de propositions de solutions aux gigantesques problèmes de nos sociétés actuelles.

On ne peut qu’être d’accord avec cette description de cette approche qu’il aurait aussi bien pu appeler par son nom: la méthode scientifique. Celle-ci fonde d’ailleurs en grande partie la pratique et la déontologie journalistique, même s’il n’est pas possible pour un journaliste d’aller autant au fond des choses que pour un universitaire qui peut consacrer des mois, voire des années, à un même sujet.

Mais, l’essentiel du projet des Observateurs.ch se situe ailleurs. En effet, comme il l’affirme au début de ce même billet, la lutte contre bien-pensance de gauche et le politiquement correct constitue l’un de [nos] leurs fils conducteurs. Le but des observateurs.ch serait donc d’apporter une diversité idéologique, soit de proposer un média d’opinion clairement positionné le plus à droite possible. Ce qui ne devait pas empêcher, comme indiqué par la citation ci-dessus, de constituer une plateforme médiatique intellectuellement rigoureuse et s’en tenant aux faits. Or, il faut reconnaître, deux ans après le lancement de cette expérience, que ce n’est pas grâce aux Observateurs que l’«esprit de recherche» risque de reprendre du poile de la bête! Plus exactement, “La Rédaction” (qui que soient la ou les personnes comprises dans ce titre) et M. Windisch ont régulièrement fait exactement le contraire de ce qu’il préconisait dans cette citation. De fait, j’en déduis que les responsables du blog ont donc complètement renié les objectifs initiaux qui devaient définir la ligne de ce blog…et ce, dès le début, pour se focaliser sur un seul but: dézinguer sans repos tout ce qui se trouve à leur gauche (soit à peu près 70% de la palette des positionnements politiques). Malheureusement pour eux, ils sont loin d’être les premiers venus sur ce créneau, puisque ce courant de pensée est non seulement déjà représenté sur d’autres blogs, notamment Commentaires.com, mais aussi, si, si, dans ces mêmes médias romands si détestés par lesobservateurs.ch! Continue reading

Sur un fil de la toile #10-26 | On en parle et On s’en lave les mains

Scène de lavement au XVIIIe siècle. Museu Nacional do Azulejo, Lisbonne (Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Lavement#mediaviewer/Fichier:Clyst%C3%A8re_Museu_Nacional_do_Azulejo.JPG.). CC BY-SA 3.0

Scène de lavement au XVIIIe siècle. Museu Nacional do Azulejo, Lisbonne (Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Lavement#mediaviewer/Fichier:Clyst%C3%A8re_Museu_Nacional_do_Azulejo.JPG.). CC BY-SA 3.0

Après les dangers du WIFI sur la pousse du cresson (et par extension logique, sur la santé humaine, hein!) et la lithothérapie, la drammathérapie, l’aromathérapie, voilà qu’avant-hier matin, On en parle, toujours à l’instigation de Lydia Gabor, a décidé de faire spontanément de la publicité gratuite et spontanée pour une énième pseudo-médecine, à savoir….les cures de détoxification! Pour faire bonne mesure, les journalistes se sont quand même adressés à deux médecins. Problèmes: Ceux-ci ne servent que d’alibis symboliques. En effet, leurs considérations sont rapidement balayées, les journalistes se satisfaisant des réponses de Nathalie Sauthier, nutritionniste à l’Institut Kousmine, dont la plupart ne tiennent pourtant pas la route, ni d’un point de vue factuel, ni d’un point de vue logique! En gros, il n’y a aucune preuve scientifique de l’efficacité ou même de l’utilité de ce genre de cure, elle peut même être dangereuse pour la santé, mais parce qu’une invitée-témoin a affirmé que cela lui faisait du bien, on en déduit qu’il vaut quand même la peine d’essayer et, surtout, d’en parler. Et d’en parler favorablement, tout en laissant aux auditeurs le soin de faire eux-mêmes le tri parmi toutes les informations balancées en vrac, sans hiérarchisation, ni distinction de fiabilité et de vraisemblance, et de prendre leurs responsabilités. On en parle, mais VOUS en faites l’expérience à VOS risques et périls, et «On s’en lave les mains». Tant pis si les seuls à en retirer de vrais bénéfices sont les prestataires de services qui recommandent ces cures, lesquels sont rarement des œuvres de charité!

Edit du 23.05.2014: On en parle a relayé ma réaction à leur émission du 19.05.2014, apparemment, parce qu’une autre auditrice l’avait aussi commentée dans un sens similaire. Je ne suis cependant qu’à moitié satisfaite, dans la mesure où c’est plus le constat sur la détoxification (patamédecine) qui a été relevé, que la problématique qui me préoccupe vraiment ici, à savoir la difficulté des journalistes généralistes à aider le public à faire la distinction entre science et d’autres formes de connaissance, telle que la spiritualité, l’ésotérisme, etc., notamment lorsqu’elles essaient de se faire passer pour de la science ou pour une certaine science.

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