Sur un fil de la toile #6-7 | Il y a loin du simple blog d’opinion au vrai journalisme d’opinion

lunette_ordinateurII y a quelques semaines, je me suis permise de réagir aux éloges que M. Windisch s’adressait à lui-même au sujet du bilan mirifique de son blog, lesobservateurs.ch, dans la mesure où il avait une manière fort particulière de quantifier son succès, confondant notamment allègrement “pages vues” (c’est-à-dire affichées dans le navigateur) et “pages lues”. Il proposait alors des statistiques mirobolantes, supposées faire verdir de jalousie tous les autres médias romands. Mais, je n’ai que brièvement abordé la question de ce qui l’a motivé à lancer ce qu’il avait alors appelé son «projet de plateforme multimédia d’un type nouveau en Suisse romande». Il s’agissait notamment pour lui de remettre à l’honneur ce qu’il a appelé, dans un de ses tous premiers billets, publié le 29.01.2012, «l’esrpit de recherche», dont il estime, avec raison, qu’il est effectivement souvent en perte de vitesse et dont il donnait alors la définition suivante:

[…]à la fois la rigueur, exactitude et précision dans la vérification; rapidité pour saisir les idées les plus audacieuses et longue patience dans leur élaboration; capacité d’analyse détaillée et de synthèse; esprit positif de soumission aux faits et aptitude au doute et à la critique, capacité à exploiter la fécondité de l’erreur; les progrès de la connaissance contredisent les inerties des représentations stéréotypées; l’esprit de libre examen, d’indépendance; l’imagination, l’audace, l’originalité, l’inventivité, la curiosité, la créativité, le travail prolongé, approfondi et souvent solitaire, etc…

Ces qualités devraient être présentes aussi bien dans les sciences sociales que dans le journalisme. Ces deux domaines professionnels, qui cherchent tous deux à mieux comprendre et à expliquer les réalités sociales, culturelles et politiques, pourraient d’ailleurs collaborer bien davantage afin d’apporter encore plus de connaissances et de propositions de solutions aux gigantesques problèmes de nos sociétés actuelles.

On ne peut qu’être d’accord avec cette description de cette approche qu’il aurait aussi bien pu appeler par son nom: la méthode scientifique. Celle-ci fonde d’ailleurs en grande partie la pratique et la déontologie journalistique, même s’il n’est pas possible pour un journaliste d’aller autant au fond des choses que pour un universitaire qui peut consacrer des mois, voire des années, à un même sujet.

Mais, l’essentiel du projet des Observateurs.ch se situe ailleurs. En effet, comme il l’affirme au début de ce même billet, la lutte contre bien-pensance de gauche et le politiquement correct constitue l’un de [nos] leurs fils conducteurs. Le but des observateurs.ch serait donc d’apporter une diversité idéologique, soit de proposer un média d’opinion clairement positionné le plus à droite possible. Ce qui ne devait pas empêcher, comme indiqué par la citation ci-dessus, de constituer une plateforme médiatique intellectuellement rigoureuse et s’en tenant aux faits. Or, il faut reconnaître, deux ans après le lancement de cette expérience, que ce n’est pas grâce aux Observateurs que l’«esprit de recherche» risque de reprendre du poile de la bête! Plus exactement, “La Rédaction” (qui que soient la ou les personnes comprises dans ce titre) et M. Windisch ont régulièrement fait exactement le contraire de ce qu’il préconisait dans cette citation. De fait, j’en déduis que les responsables du blog ont donc complètement renié les objectifs initiaux qui devaient définir la ligne de ce blog…et ce, dès le début, pour se focaliser sur un seul but: dézinguer sans repos tout ce qui se trouve à leur gauche (soit à peu près 70% de la palette des positionnements politiques). Malheureusement pour eux, ils sont loin d’être les premiers venus sur ce créneau, puisque ce courant de pensée est non seulement déjà représenté sur d’autres blogs, notamment Commentaires.com, mais aussi, si, si, dans ces mêmes médias romands si détestés par lesobservateurs.ch!

Blogueur-journaliste ou blogueur tout court:

Ce constat m’est apparu de manière particulièrement flagrante dans un billet du 24 mai dernier consistant en un lien vers le compte YouTube des Observateurs où la Rédaction avait chargé un montage vidéo composé d’extraits d’émissions de la RTS présenté à la façon d’un remix qu’un DJ n’aurait pas renié, mais qui ne correspondait en rien au titre de «Petite étude comparée du traitement médiatique de l’UDC.» Il n’y avait là aucune analyse que l’on pourrait qualifier d’étude, juste un pot pourri de séquences charcutées, tirées en rafales et censées illustrer le biais de la RTS contre l’UDC. Je n’ai donc pu m’empêcher de poster un commentaire un tantinet persifleur, qui m’a valu une réaction épidermique à la limite de l’hystérie. J’ai alors essayé de préciser mon propos sur un ton plus sérieux, et je me suis à nouveau fait envoyer bouler de manière encore plus méprisante. Au cours de ce bref échange, le responsable du blog ce jour-là a tenté une manœuvre assez maladroite pour disculper lesobservateurs.ch de leurs nombreux dérapages journalistiques et médiatiques m’accusant de vouloir leur imposer MA conception soi-disant «normée» du journalisme, une vision qu’ils serait parfaitement légitime de rejeter. Petit problème: MA conception du journalisme, à savoir l’impartialité, la vérification des informations, le rejet des rumeurs infondées et le recul critique, correspond pourtant bien à CELLE de M. Windisch telle qu’elle s’exprime dans la citation ci-dessus.

Il faut dire que les réponses du responsable de la Rédaction du jour ne pouvaient pas tomber plus mal. En effet, le lendemain de cet échange acrimonieux, au cours de laquelle mon interlocuteur anonyme a démontré une capacité plutôt très limitée à la bataille des idées, sans tabous, à une bataille riche, fondamentale, approfondie, contradictoire, à la hauteur de l’immensité, de la complexité et de l’urgence des problèmes qui menacent l’équilibre même de nos sociétés (comme le préconisait le fondateur du blog), M. Windisch publiait une énième philipique contre les médias et les journalistes romands. Or, dans cette chronique, il accuse notamment les journalistes de se permettre les pires erreurs sans sanction aucune, soit un pouvoir sans contre-pouvoir. La plupart des plaintes sont longuement diluées, minimisées, justifiées par des arguments auxquels personne ne croit. Pourtant, à peine 24 heures auparavant, la Rédaction me répondait ceci:

Enfin, nous renonçons très volontiers à l’appellation normée de “journalisme”, au sens où vous semblez l’entendre et dans l’acception seule autorisée que vous semblez admettre.

Puis ceci:

Vous avez parfaitement raison, nous nous fichons éperdument de votre conception du “journalisme”, de vos règles, comme du reste de vos critiques d’ailleurs. Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous avons la ferme intention de nous passer de votre permission… vous nous excuserez.

En d’autres termes, tout en prétendant rappeler aux journalistes leur responsabilité à s’en tenir aux faits et à ne pas perdre de vue leur obligation éthique vis-à-vis de la société, M. Windisch laisse la Rédaction (à moins que ce ne soit lui en personne) m’asséner sur un ton plein de morgue que ces mêmes règles déontologiques ne sont qu’une invention de ma part et que lesobservateurs.ch peuvent donc parfaitement s’assoir dessus. Alors, certes, un blogueur n’a pas les mêmes responsabilités que les journalistes. En revanche, si l’on veut rivaliser en crédibilité sur le même terrain qu’eux, à savoir, celui de l’information aux citoyens, il vaudrait mieux le faire en évitant de piétiner les règles qui permettent d’assurer cette légitimité auprès du public. Le problème ici est de savoir si lesobservateurs.ch veulent rester un simple blog, sans aucune prétention journalistique, qui n’a aucun compte à rendre à qui que ce soit et peut donc se permettre de raconter pratiquement n’importe quoi, ou s’ils veulent devenir une plateforme médiatique digne de ce nom traitant de l’actualité suisse sans œillères. Or, à en croire l’énoncé du projet d’origine et ce qu’en disait M. Windisch en janvier 2012, il apparaît que c’est bien la deuxième option qu’il ambitionne.

De fait, ceux qui se plaisent à souligner constamment à gros traits non seulement les erreurs et les fautes des journalistes, mais aussi la moindre de leur défaillance la plus anodines, devraient commencer par balayer sérieusement devant leur porte. Comme le dit La Rédaction dans un autre billet rageur contre les gens qui ont osé combattre l’initiative de la Marche Blanche et qu’elle qualifie sans ambages de «salauds», il est des situations qui exigent l’indignation et qu’un homme se lève parfois pour nettoyer les marches du temple, à grands coups de cordes si nécessaire. Je crois que cette appel s’applique parfaitement aux méthodes “médiatiques/journalistiques” des Observateurs!

Les Observateurs: illustration de l’adage «Faites comme je dis, surtout pas comme je fais»

Ainsi, M. Windisch s’est permis, en octobre 2012, d’attribuer à Mme Saida Keller-Messhali des propos très graves qu’elle n’a jamais tenus. Or, si un jour, des gens ne la connaissant pas devaient tomber sur cet article, et omettre de vérifier ces allégations, ils risqueraient de croire qu’elle n’est qu’une menteuse qui cherche à nuire à ses compatriotes ou une écervelée qui ne sait pas de quoi elle parle! En d’autres termes, c’est la légitimité de la présidente du Forum pour un islam progressiste qu’il risque d’entamer très sérieusement et par extension, sa réputation. Alors, M. Windisch se fiche peut-être royalement de salir l’image de cette personne assez peu connue de ce côté-ci de la Sarine (elle est surtout active du côté de Zürich), mais alors, qu’il ne vienne pas faire de grands sermons sur le manque de rigueur des journalistes. [EDIT et ERRATUM du 03.06.2014]Contrairement aux Observateurs, qui vous font une belle danse du ventre pour éviter de devoir reconnaître leurs erreurs, je suis capable de m’incliner quand j’en fais. Ainsi, il est apparu que M. Windisch n’avait pas indûment attribuer ces propos à Mme Saïda Keller-Messalhi. Par contre, les conclusions qu’il avait tiré de ses propos sont, elles, complètement infondées. En d’autres termes, les propos de la présidente du Forum pour un islam progressiste ne corroborent pas du tout la thèse farfelue de l’ex-sociologue consistant postuler que la majorité des migrants tunisiens arrivés en Suisse depuis 2011 seraient des condamnés de droits communs libérés des prisons au moment de la révolution, comme cela aurait été soi-disant le cas à Cuba en 1980 (exode de 120’000 Cubains vers les USA, dont seule une petite partie sortait des prisons et encore une plus petite partie, moins de 5% du total, constituée de criminels) ou en Albanie en 1991 (cf., ci-dessous, les étranges comparaisons historiques de M. Windisch). De plus, ce malentendu aurait pu être évité s’il avait respecté ses propres standards de rigueur rédactionnelle et avait indiqué le lien vers l’enregistrement entier qu’il avait de toute évidence en sa position comme le démontre l’échange acrimonieux que j’ai eu avec la Rédaction des Observateurs.ch après qu’elle ait finalement réagi à ce billet.

Ainsi, M. Windisch a récemment décrit d’une manière très particulière et pour le moins fantaisiste l’émission Intercités du 13 mars 2014 sur la RTS la Première, l’accusant indûment d’avoir tenté d’exécuter publiquement, Lucas Fatton, un jeune député UDC au Grand Conseil de Neuchâtel, qui avait proposé de rendre obligatoire l’apprentissage de l’hymne national et cantonal dans les écoles neuchâteloises. En effet, l’ex-sociologue prétendait qu’il s’agissait d’un débat à plusieurs en studio au cours de laquelle l’élu UDC avait dû subir, probablement abasourdi, une charge, multiple, concentrée, ciblée et massive, visant à le ridiculiser. Or, il n’y a pas eu de débat lors de cette émission et le politicien en question n’était même pas présent dans les studios ce matin-là. Son intervention, comme celle d’autres politiciens ou acteurs concernés, avait été enregistrée la veille, puis diffusée au début de la discussion. Alors, il semblerait que M. Windisch soit bien parfois victime d’illusions auditives liées à ses biais idéologiques.

C’est aussi les mêmes observateurs.ch qui, non content de relayer sans les vérifier des rumeurs qui avaient pourtant déjà été formellement démenties depuis 36 heures, en remettaient encore une couche quelques jours plus tard en en relayant d’autres, encore plus graves, après le drame ferroviaire de Brétigny, près de Paris, en juillet 2013! Avec pour seul commentaire de la Rédaction: En attente de confirmation officielle ou de démenti…… La Rédaction a-t-elle suivi l’affaire pour savoir si ces rumeurs fort peu vraisemblables avaient été vérifiées ou infirmées? Non, bien sûr, il ne s’agissait que d’une brève provenant d’une source partageant la même idéologie. Quant à la première rumeur, sur le prétendu dépouillement de blessés par des jeunes de banlieues, elle aurait été confirmée, deux jours plus tard…par la Voix de Russie (organe de propagande du gouvernement russe à l’étranger, et donc de sa vision particulièrement réactionnaire de la société moderne), qui a été demandé confirmation….à la source-même de la rumeur, à savoir le syndicat de police Alliance! Et ce alors, que tous les autres acteurs présents sur place, soit des centaines de personnes, l’avaient démentie depuis déjà presque une semaine! Mais, ce devait certainement être par peur des foudres du “politiquement correct”! Il n’y a pas à dire, voilà qui s’appelle du recoupement d’informations! D’ailleurs, la Rédaction des Observateurs.ch n’en était pas à son coup d’essai, puisque quelques temps auparavant, elle avait accepté de publier un billet courageusement anonyme qui se réduisait essentiellement à un torrent de propos orduriers des plus sexistes et à des accusations potentiellement diffamatoires à l’égard des FEMEN.

Il y a eu d’autres dérapages particulièrement révélateurs, comme par exemple la manière très particulière dont M. Windisch relate des faits historiques et les compare. Outre qu’il les rapporte d’une façon que l’on pourrait qualifier d’historiquement incorrecte, mais dans le premier sens d’incorrect (c’est-à-dire, inexacte, voire faux), il compare des événements qui n’ont que peu à voir les uns avec les autres, concernent différentes périodes et régions du monde, tout cela pour en tirer des conclusions parfaitement farfelues sur un troisième événement, s’étant déroulé dans un tout autre contexte et que plus de 20 ans séparent des deux autres! En passant, il démontrait de manière spectaculaire l’adage qui dit que “comparaison, n’est pas raison”!

On a aussi eu droit à la question bêtement rhétorique lancée à la cantonade dans une assemblée parlementaire qui devient une affirmation soi-disant factuelle dans l’accroche de l’article des Observateurs.ch qui relayait ce lamentable fait divers, cette accroche apparaissant en première page, alors que l’explication ne se trouvait que dans le corps du texte. Ce qui fait que ceux des lecteurs qui s’en sont tenus à l’accroche sur la page d’accueil sont repartis avec une information complètement “incorrecte”, c’est-à-dire fausse.

Enfin, comme l’ont remarqué d’autres blogeurs, lesobservateurs.ch ont également parfois des problèmes avec les règles du droit d’auteur, apparemment, trop politiquement correctes pour eux, comme l’illustre cette discussion sur Twitter:

Répondant à cette charge, lesobservateurs.ch nous disaient ceci:

Il y a quelques jours, nous avons pris la décision d’augmenter notre offre et d’y ajouter une sélection de flux de sites proches philosophiquement ou, au contraire, diamétralement opposés, mais pas seulement, les flux des principaux médias francophones étant également compris dans notre sélection. C’est une manie que nous avons aux Observateurs, nous aimons observer: la mise en parallèle des flux de grands médias éditeurs de dépêches d’agence permet de constater les grandes tendances et les mots d’ordre en cours dans les rédactions du monde entier; hier Mandela, demain Poutine, etc. Nous faisions ce travail depuis deux ans pour les brèves, nous voulions vous donner une opportunité de pouvoir le faire aussi, pour vous-mêmes, à votre manière et en fonction de vos intérêts.

Le problème est bien entendu que cette “observation” se résume un peu trop souvent à simplement reprendre des accroches d’articles publiés à droite ou à gauche et à les commenter en une ou deux phrases lapidaires, sans aucune réelle description, remise en contexte, évaluation de leur portée politique ou médiatique, bref, sans la moindre analyse. On a donc bien du mal à savoir quelles grandes tendances et mots d’ordre seraient en cours dans les rédactions du monde entier. De nouveau, provenant d’un blog fondé par un ancien professeur de sociologie des médias et entretenu par des universitaires qui devraient connaître la différence entre analyse et simple alignement d’items, ça laisse franchement songeur. Et quand on pense que M. Windisch écrivait, en janvier 2012:

Une question cependant: à quoi bon entreprendre jusqu’à 20 ans d’études pour finalement embrasser le dernier prêt-à-penser ou sottisier venu ? Ou courir après celui qui gueule le plus fort au coin de la rue? Il est frappant de constater à quel point les facultés analytiques peuvent facilement se dégrader en affirmations idéologiques et devenir un ersatz de pensée.

Il ne croyait pas si bien dire, je crois!

Oui, qui fait du média bashing?

Ensuite, dans ce même billet “Qui fait du médias bashing?, M. Windisch s’emmêle carrément les pinceaux. Ainsi, il affirme que:

Dominique von Burg, président du Conseil de la presse suisse, un Conseil très largement bien-pensant et politiquement correct (même si cela est immédiatement démenti), vient nous dire à la radio dans une émission de En ligne directe, le 23 mai 2014, qu’il est totalement faux de prétendre que les médias suisses sont « infestés de gauchistes ». C’est lui qui le dit en ces termes, pas nous. Nous disons autre chose, comme l’a montré concrètement et empiriquement un sondage initié par le journal Le Temps, il y a déjà quelques années : Oui, la très grande majorité des journalistes sont de gauche et politiquement corrects et votent très largement de manière opposée au peuple suisse sur des sujets de société déterminants. Et d’un.

Euh…si, la dernière phrase correspond bien à l’allégation dénoncée par M. von Burg à propos des médias suisses, et sa formulation la décrit très bien. Je ne vois effectivement pas une grande différence entre accuser les journalistes d’être en très grande majorité de gauche et politiquement corrects et dire que les médias suisses seraient infestés de gauchistes. En effet, être gauchiste signifie bien être de gauche! Et d’un. Ensuite, presque plus grave de la part d’un sociologue supposé avoir 20 ans de pratiques derrière lui, il fait des confusions grossières au sujet des conclusions de cette fameuse étude de MiS Trend, commandée par Le Temps….en 2001. Soit, il y a près de 13 ans! Entre deux, la situation a probablement beaucoup changé, mais M. Windisch, apparemment, n’en a cure. Ce qui explique probablement qu’il répète cette thèse comme un mantra depuis une bonne décennie, sans jamais vraiment penser à faire une mise à jour. Bref, voilà ce que concluait l’étude en question:

Selon un sondage commandé par Le Temps et la TSR et réalisé par l’institut MIS Trend, les journalistes ne pensent pas comme leurs lecteurs. Ils sont 60 % à avoir l’intention de voter à gauche lors des prochaines élections cantonales ou fédérales, alors qu’il n’y a que 30,4 % d’interrogés à afficher les mêmes sympathies dans le public. Les voix des journalistes iraient en priorité au Parti socialiste (40,2 %). En revanche, ils ne sont que 1,5 % à donner leur voix à l’UDC (contre 15,1 % dans la population).

Le sondage présente d’autres résultats qui renforcent le décalage d’opinions. Par exemple,

50,6 % du public est opposé à l’entrée de la Suisse dans l’Union européenne, alors qu’ils ne sont que 20,5 % à partager cet avis dans le monde du journalisme. Concernant la régularisation des sans-papiers, la polarisation est spectaculaire: 75,6 % d’avis favorables chez les journalistes, 45,3 % dans la population.

Ainsi, M. Windisch confond “être de gauche” et avoir l’intention de voter à gauche lors des prochaines élections cantonales ou fédérales, en 2001, soit à peu près 3 ans avant les échéances en question. Or, à mon sens, un sociologue avec son expérience devrait savoir quelle est la valeur prédictive d’un sondage plusieurs années avant une date électorale! Les personnes interrogées avaient encore largement le temps de changer d’avis des dizaines de fois! De plus, une intention de vote ne reflète pas forcément un positionnement politique sur le long terme ou même une identité politique. Elle dépend évidemment de l’offre électorale et de nombreux autres facteurs. On sait que des gens votent parfois pour des candidats ou des partis avec lesquels ils ne sont pas du tout d’accord, juste pour envoyer un signal à ceux pour qui ils avaient l’habitude de voter! Et de deux.

De plus, il faudra que M. Windisch nous explique clairement ce qu’il entend par “politiquement correct”. Parce qu’il ne l’a jamais fait. Pas même dans ce fameux billet de blog de janvier 2012 supposé nous expliquer comment remédier au politiquement correct. Et jusqu’à ce qu’il le fasse, je ne vois aucune raison de considérer qu’être de gauche équivaut forcément à être politiquement correct! Et de trois.

Par ailleurs, il affirme que les médias crient à la censure tout en empêchant en permanence un vrai pluralisme. Or, il se trouve que les médias n’empêchent aucunement le pluralisme de s’exprimer. Outre que toutes les tendances politiques sont plutôt bien représentées dans le traitement de l’information politique, y compris par la RTS si honnie par M. Windisch, il se trouve que des chroniqueurs sur la même longueur d’onde que lui, comme Mme Miauton ou M. Décaillet, sont très régulièrement présents dans les grands médias. M. Windisch lui-même, a probablement été un des professeurs d’université parmi les plus médiatisés de la première décennie du 21ème siècle, aux côtés de gens comme Yves Flückiger, Xavier Oberson, Reza Djalili, etc. Le moteur de recherche de la RTS propose ainsi environs 50 occurrences d’émission télévisées et radiophoniques auxquelles il a participé ces 10 dernières années. Le moteur de recherche du site de l’Hebdo, autre média qu’il adore dénigrer, génère lui pas moins de 35 résultats pour “Uli Windisch” entre 1996 et 2011, dont une bonne partie comportant des tribunes ou des entretiens avec celui qui était encore professeur jusqu’à il y a 3 ans. Au Temps, c’est près de 80 résultats que l’on obtient pour la même recherche, dont de nombreuses tribunes ou interviews. Le fonctionnement du site de la Tribune de Genève ne permet pas d’obtenir le même résultat, à moins d’être abonné à la version électronique, mais il se trouve qu’un interview de lui a quand même été encore publié en mars 2012. Il faut aussi rappeler que plusieurs médias romands ont participé à une espèce de campagne de promotion de la plateforme des Observateurs en janvier 2012, la RTS, si détestée par M. Windisch, allant jusqu’à lui dérouler le tapis rouge en l’invitant au 19:30 de Darius Rochebin, qui lui consacre toute une partie de son TJ! Il n’y a pas à dire, ce n’est pas la gratitude qui risque d’étouffer notre champion du politiquement incorrect! Finalement, les lecteurs ont largement l’espace de s’exprimer que ce soit dans les lettres de lecteur ou sur les sites-même de ces médias. Ce n’est donc pas parce que certaines opinions ne sont pas complaisamment et largement reprises par les journalistes qu’il y aurait une censure quelconque.

Confusion entre journalisme d’information et journalisme d’opinion

De manière générale, les propos de M. Windisch illustrent une confusion entre journalisme d’information et journalisme d’opinion. Ce qui est plutôt problématique de la part d’un ancien professeur en sociologie des médias….Dans sa diatribe contre le paysage médiatique suisse, il nous dit ceci:

Dans les principales institutions suisses les postes sont répartis en fonction de la force respective des différents partis politiques, du moins théoriquement, et l’on s’en rapproche dans un assez grand nombre de domaines. Mais pas du tout dans le domaine médiatique. Qui a dit que dans les médias, du moins dans ceux du Service dit public, il devrait en aller de même ? Une telle proposition crée la surprise ; elle montre en tout cas que l’on est loin de d’une telle représentativité.

En d’autres termes, il en appelle au développement d’une presse d’opinion, dont les divers organes représenteraient les multiples courants idéologiques s’exprimant dans la population. Ce ne serait certes pas un mal, mais, il se trouve que dans un minuscule pays coupé en trois marchés linguistiques et en 26 réalités locales, il serait difficile à de tels médias d’opinion de survivre financièrement sans des aides, qu’elles soient publiques (subventions) ou privées (mécénats, publicités-sponsors, abonnements, etc.). Les quelques courageux qui surnagent tout juste, comme Le Courrier à Genève, peuvent en témoigner. Tout comme d’ailleurs les difficultés actuelles rencontrées par M. Windisch lui-même pour la survie de son blog collectif d’opinions! Et comme je l’ai souligné dans mon billet à propos de son bilan, ses options ne sont pas nombreuses et aucune n’est idéale, dans la mesure où lesobservateurs.ch ne proposent rien de plus que ce qu’une certaine blogosphère très conservatrice de droite dure fournit déjà gratuitement à ces publics qui ne supportent plus les médias «mainstream».

Ce n’est donc pas pour rien que les journalistes, dans leur très grande majorité, travaillent pour des médias d’information, pas d’opinion. Ces derniers ont presque complètement disparu en Suisse (et en Europe aussi d’ailleurs). Or, le travail d’un journaliste d’information n’est pas de simplement relayer toutes les visions du monde qui s’expriment dans la population, mais de rapporter les faits dont il a pris connaissance. Et il n’y a généralement pas 36 manières différentes de les voir et de les décrire. Son travail est aussi d’évaluer ces faits à l’aune de leur importance pour la collectivité ou pour la compréhension de l’actualité. Pas de re-transmettre n’importe quelle rumeur non vérifiée et parfois invérifiable, simplement parce qu’une partie de l’opinion y croit et serait flattée que les journalistes y croient aussi (ou fassent semblant d’y croire). Si M. Windisch se sent bien seul à répéter l’hypothèse que les réfugiés tunisiens arrivés en Suisse depuis la chute du régime de Ben Ali pourraient être des criminels de droit commun libérés par le régime au cours de la révolution ou par ceux qui l’ont remplacé après, c’est qu’il n’y a aucune information crédible en ce sens qui est parvenue aux journalistes, pas parce qu’ils seraient prisonniers de je ne sais quel politiquement correct. Et aucune n’est de toute évidence parvenue à M. Windisch non plus, puisqu’il est obligé de passer par des circonvolutions politico-historiques complètement tordues qui l’amènent à comparer la situation de la Tunisie en 2012 avec l’histoire de l’exode de plus de 120’000 Cubains vers la Floride en 1980, dont environs 3000 criminels de droit commun libérés par le régime castriste, et une série d’événements ayant mené à la chute du régime communiste albanais…en 1991.

De plus, faire du journalisme d’opinion ne signifie pas non plus relayer complaisamment n’importe quelle opinions circulant dans le public sans aucune prise de recul, même si elle plaît. Il s’agit toujours de rechercher les faits de manière rigoureuse et aussi objective et impartiale que possible. C’est dans l’interprétation de ces faits et le sens que leur donne le journaliste que s’exprime son biais intellectuel et politique. Exprimer une opinion n’implique donc pas une quelconque légitimité à raconter n’importe quoi et à se laisser aller à ses a priori ou à ses préjugés sans les questionner. Au contraire, cela signifie accepter d’exposer sa vision du monde au public et donc d’être prêt à la défendre. Mais, pour pouvoir la défendre efficacement, il faut encore l’avoir fondée sur des faits et une analyse rigoureuse de ceux-ci.

En conclusion – un anticonformisme qui cache mal un rejet des règles de base

Kid_with_the_press_transAvec lesobservateurs.ch, M. Windisch affirmait vouloir apporter de la diversité dans le paysage médiatique romand en proposant une plateforme multimédia d’un nouveau genre. Dans le même billet publié le 29.01.2012, à propos du politiquement correct, il avait proposé cette réflexion sur la nécessité de séparer l'”esprit de recherche” et l’idéologie, avec laquelle je suis d’accord à 100%:

Essentielle pour le scientifique, la vérification est une préoccupation étrangère à l’idéologie; l’idéologie est certitude, affirmative, apodictique; les principes de base d’une idéologie sont et doivent être hors de portée de la vérification. Le problème de la vérification ne se pose même pas.

Le poser reviendrait à faire apparaître l’idéologie en tant qu’idéologie; si la science procède par tâtonnements, l’idéologie affirme et nie de façon absolue; le doute lui est étranger ; Aux multiples nuances, réserves et précautions de la science, l’idéologie oppose la simplicité et la systématicité, aux faits l’évidence et le bon sens, aux aspects contradictoires de la réalité la cohérence, à la précision la généralité, au contrôle la répétition de certitudes premières, au langage froid de la science des mots évocateurs et des notions fortement chargées du point de vue affectif; le langage idéologique est connotatif et non analytique; les mots sont évocateurs, figuratifs, suggestifs, prestigieux, émotionnels; le caractère sacré et l’aspect moral en sont deux autres traits; si la science affronte l’inconnu, l’idéologie le réduit; l’idéologie fonctionne suivant le schéma du juste et du faux, du Bien et du Mal, du Même et de l’Autre; l’Autre étant nécessairement inférieur, voire immoral. L’aspect moral d’une idéologie permet à la fois de louer et de condamner; l’idéologie dépasse et transcende la réalité. Elle relève également du domaine de l’imaginaire.

[…]

L’esprit de recherche et l’esprit idéologique ne constituent pas pour autant deux univers incommensurables, totalement étanches l’un à l’autre.

But visé: chercher à les séparer le plus possible.

Cependant, ces belles paroles semblent être restées lettres mortes et c’est ainsi que lesobservateurs.ch sont demeurés un blog de pure propagande idéologique, malgré l’ambition initiale de son fondateur d’en faire une véritable plateforme multimédia d’un nouveau genre. En effet, du point de vue du dispositif et de la relation avec les lecteurs, ils fonctionnent véritablement comme un blog et non pas comme espace collectif de débat et de rencontre. Pour l’instant, la Rédaction, soit les responsables du blog, décide qui publie quoi et tous les commentaires sont modérés. D’autre part, pour ce qui est du contenu, la Rédaction ou les auteurs des billets ne vérifient pas forcément les assertions qui vont dans le sens de leur idéologie, ce qui les pousse souvent à relayer n’importe quoi, affirmant et niant de façon absolue, n’analysant presque jamais ce qu’ils prétendent analyser, opposant systématiquement la simplicité à la systématicité, aux faits l’évidence et le bon sens, etc., et allant jusqu’à insulter  les gens qui osent s’opposer à leurs idées. En ce sens, on peut donc affirmer que le “politiquement incorrect” des Observateurs.ch, comme de nombreux blogs similaires, utilisant les mêmes stratégies discursives, n’a strictement rien d’anticonformiste, mais est bien littéralement incorrect, c’est-à-dire, inexact, faux, voire malhonnête. Il est même hyper-conformiste dans le sens où il se contente le plus souvent de hurler avec les loups et surtout de flatter et encourager les pires biais cognitifs qui soient, de ceux qui déforment constamment la réalité. Et c’est cela qui explique que leur vision du monde soit aussi limitée, tournant le plus souvent sur elle-même, imperméable à toute autre considération ou critique, aussitôt qualifiée de dénigrement.

Pourtant, le blog est probablement la forme la plus adaptée à une “presse d’opinion” sur le Web. Cependant, il existe malgré tout une différence entre la presse d’opinion et un blog d’opinion. Cette distinction réside d’abord dans le degré de responsabilité des journalistes et des blogueurs, les premiers devant rendre des compte aux lecteurs, à leur rédaction et à la justice en cas d’atteinte à la dignité d’une personne ou à l’ordre public, tandis que les seconds ne sont, essentiellement, que responsables devant leur propre conscience et la loi. Cette différence se manifeste aussi dans l’obligation faite au journaliste de se baser sur les faits et une analyse rigoureuse de ceux-ci, avant de leur donner une interprétation et un sens qui reflète son orientation idéologique clairement assumée. Le blogueur, lui, peut plus ou moins raconter ce qu’il veut. Tant qu’il ne viole pas la loi, personne n’est en mesure d’exiger des comptes de sa part et il est libre d’envoyer promener le monde entier, y compris ses lecteurs s’ils se montrent trop critiques envers lui à son goût. Enfin, il faut le dire, les auteurs des billets sur lesobservateurs.ch sont très souvent anonymes, ce qui est évidemment impensable dans un organe de presse, d’autant plus s’il est d’opinion! C’est ainsi que la «Rédaction» doit avoir publié une bonne partie des billets du blog qui ne sont pas de simples «brèves». Cela donne sérieusement l’impression que les auteurs de ces billets ne sont pas prêts à assumer ouvertement leurs positions, ni à véritablement débattre avec le public et d’autres médias. Ce qui n’a pas empêché les responsables des Observateurs.ch de longtemps exiger que les internautes signent de leur vrai nom. Aujourd’hui, avec les «Berthe au Long pied» et les «lelouche» ou encore les «Pierre Cocasse», «La France est-elle une couveuse à barbares?», et les «adalbert», l’anonymat semble être au moins aussi autorisé aux auteurs de commentaire.

Or, à mon sens, lesobservateurs.ch jouent sur les deux tableaux prétendant renouveler le paysage médiatique romand dans le domaine de la presse d’opinion, tout en se permettant des dérapages qui vaudraient de graves ennuis professionnels à n’importe quel journaliste. Ils les justifient alors par un refus d’un politiquement correct qui gangrénerait la vision du monde des médias romands. Ils mélangent donc la question de l’orientation idéologique et celle du respect de règles professionnelles qui se trouvent pourtant au cœur d’une certaine éthique journalistique et donc du contrat implicite reliant le journaliste à son public. Et c’est pour cela qu’ils n’ont jamais atteint le but visé cité ci-dessus. L’expérience des Observateurs.ch révèle aussi en cela la stérilité intellectuelle de la posture prétendument anticonformiste ou politiquement incorrecte de ses responsables et des auteurs qui s’y expriment, puisqu’elle consiste essentiellement à rejeter des règles qui ne les arrangent pas. Alors, certes, les journalistes sont loin d’être infaillibles et les conditions actuelles de la profession font qu’ils ont souvent du mal à faire leur travail correctement et à respecter ces règles. Mais, je doute que c’est en reprenant ce qu’il y a de pire dans leurs pratiques sous prétexte anticonformisme que l’on va élever le niveau général de l’information aux citoyens!

Edit du 31.05.2014:

Je viens de tomber sur un ancien billet à propos du politiquement correct, qui se terminait par cette réflexion personnelle qui, à mon sens, est tout aussi valable ici. Je la reproduis donc:

MangaFace_pontifianteAttention: faire de la provoc’ facile, agiter les stéréotypes et les préjugés les plus éculés dans tous les sens (aussi bien à gauche qu’à droite), juste pour faire fulminer dans les chaumières, vous revendiquer du “bon sens” (paysan, populaire ou autre) pour mieux faire passer des âneries, cracher votre haine, même requalifiée en indignation ou colère, dans tous les sens,…bref, vous prendre pour un casseur de dojo idéologique qui roule des mécaniques ne fait pas de vous un champion du politiquement incorrect, un anticonformiste avant-gardiste ou un pourfendeur de la pensée unique. Cela fait juste de vous un vrai boulet,  un poids embarrassant et super-lourd à porter pour tous ceux qui essaient de proposer une vision originale, mais factuelle, de la complexité de ce monde!

7 thoughts on “Sur un fil de la toile #6-7 | Il y a loin du simple blog d’opinion au vrai journalisme d’opinion

    • Bonsoir,

      Merci de vote visite et de vos encouragements! Il va y avoir une suite à ce billet, parce que j’ai eu quelques échanges sur Twitter avec le responsable du jour des Observateurs.

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  1. “Prétendre renouveler le paysage médiatique romand ” en soi est risible. C’est s’attribuer une posture que personne ne peut remettre en question. A mon sens cela discrédite d’emblée leurs propos.

    Qu’importe les nombreux rédacteurs, le seul légalement responsable du contenu de ce site est le détenteur du nom de domaine, à savoir:

    WindischMediaProd SA
    Windisch Uli
    rue Dancet 22 C
    CH-1205 Genève
    Switzerland

    En ce qui concerne le décompte des visites, aucune stat et méthode ne peut être 100% valable. Celle basée sur l’IP ont les limites techniques. (un bureau de 200 personnes aura une unique IP externe) Celle basée sur les session (comme google analytics et beaucoup d’autres outils) dure 30 minutes. La meme personne venant chaque 31 minutes sur le site créera une nouvelle visiste. C’est la méthode la plus courante, mais ne reflète pas les personnes physiques différentes. La troisième, basée sur les cookies n’est pas fiable non plus car ces derniers sont bloqués par une partie des visiteurs..

    Tima (24matin.ch)

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    • Bonjour!

      Merci de votre visite!

      Concernant les méthodes de comptage, quand on n’a pas accès au compte d’hébergement d’un site Web, comme je l’ai dit dans mon poste, elles valent ce qu’elles valent. Elles ne sont donc effectivement de loin pas absolument fiables. Sur ce point, je suis tout à fait d’accord avec vous. Il y aussi une chose dont je suis sûre, c’est qu’il n’existe à ce jour aucun logiciel capable de détecter si la page “affichée” a été réellement lue et dans quelle mesure elle a été lue (en entier, partiellement, pas du tout). Il est possible d’étudier les modalités de lecture des internautes sur le Web, mais uniquement en étant à côté d’eux ou en les équipant d’instruments de mesures qui suivent leurs gestes et leurs yeux. De fait, lorsque j’ai essayé d’estimer le succès le plus vraisemblable des Observateurs.ch, je me suis basée sur diverses données, à commencer par les dires eux-mêmes de M. Windisch, qui démontrent effectivement toutes sortes de confusions, volontaires ou involontaires (je n’en sais rien), au niveau technique.

      En ce qui concerne la responsabilité légale pour le contenu des Observateurs.ch, in fine, c’est effectivement la société WindischMediaProd qui l’endosse. Mais, je ne parlais aussi de responsabilité sociale ou morale, vis-à-vis du public.

      Pour ce qui est de l’ambition de renouveler ou de diversifier le paysage médiatique romand, je n’ai pas énormément à dire, si ce n’est que, pour l’instant, lesobservateurs.ch sont vraiment loin du compte, puisqu’ils n’amènent rien de nouveau par rapport à ce qui existe déjà.

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