Le fil académique #8-1 | L’exploit de cette jeune femme? Rendre la science drôle

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“Rôle des protéines lin-15A et rétinoblastome dans la reprogrammation cellulaire directe in vivo chez C. elegans”. En lisant cet intitulé de thèse vous vous dites que la science est un monde barbare et inaccessible.

Commentaire d’Ariane Beldi:

J’aurais bien aimé pouvoir présenter ma thèse de cette façon, même si le sujet était certainement moins compliqué à comprendre pour des non-initiés!

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Simplement correct #2c | Persister et signer….même en l’absence de preuves

sad_scarecrow_clip_art_19065_transIl y a quelques semaines, j’ai publié un billet concernant les questions que Marcel-Francis Kahn se posait, à haute voix et en public, en 2008, à propos des éventuels conflits d’intérêts économiques et éthiques qu’entretiendraient Marcel Kuntz et Louis-Marie Houdebine, tous deux membres de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS).  J’y explique que le premier a exigé des deux scientifiques qu’ils révèlent leurs liens avec l’industrie, notamment avec Monsanto, comme devraient le faire les auteurs d’un article publié dans une revue académique. Le problème est que M. Kahn n’avait alors aucune preuve à l’appui de ses accusations et qu’il l’a reconnu auprès du journaliste d’Arrêt sur Images, Dan Israël, qui semble avoir été la seule personne à demander au médecin d’où lui venaient ses soupçons à l’égard de Mrs. Kuntz et Houdebine.  Comme cet article d’@si est réservé aux abonnés, il se trouve alors que cet unique aveu explicite de M. Kahn n’est pas accessible au reste du public.  J’ai donc décidé de le reproduire in extenso.

Je viens de découvrir dans un fil de commentaires sur le blog du chercheur Pierre-Henri Gouyon, que cette absence de preuves n’a absolument pas empêché M. Kahn de continuer à répandre ses allégations infondées. Si le billet en question remonte à l’année dernière, le commentaire de M. Kahn est daté du 1er août 2013, soit plus de 5 ans après qu’il ait lancé cette rumeur de conflits d’intérêts.  Et pour bien enfoncer le clou, le lendemain, il publiait un billet sur son propre blog (aussi hébergé chez Médiapart) dans lequel il réitérait une nouvelle fois ces suppositions dans des termes où la courtoisie le dispute à la précision des faits. Continue reading

Commentaires à chaud #18 | Les journalistes du Nouvel Obs à la rescousse du soldat Séralini!

chasseur_chassantBranle-bas de combat au Nouvel Obs! En effet, il apparaît que la Revue Food and Chemical Toxicology (FCT), qui avait accepté de publier l’étude de Gilles-Eric Séralini sur la toxicité du Maïs OGM NK603 de Monsanto, ait décidé de la faire retirer de son catalogue.  Or, l’hebdomadaire avait été un des rares magazines français à avoir obtenu l’exclusivité de la diffusion grand public des résultats de cette recherche en septembre 2012.  Il avait alors fait sa une sur un titre catastrophiste: «Oui, les OGM sont des poisons!» Du coup, on comprend un peu mieux pourquoi il défend maintenant bec et ongles le travail de l’équipe Séralini, et ce malgré des mois de critiques très sérieuses à l’encontre de cette étude par des dizaines de scientifiques ainsi que la plupart des agences sanitaires gouvernementales européennes et américaines.

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simplement correct #2b | Pour essayer de mettre un point final à une rumeur malveillante

Web_PecheDepuis février 2008, une rumeur malveillante et totalement gratuite circule sur le Web concernant Louis-Marie Houdebine et Marcel Kuntz, tous deux membres de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) et contributeurs réguliers à sa revue Science & Pseudo-sciences. En effet, comme le relaient de nombreux sites de militants anti-OGM, dont Combat Monsanto, un ancien membre de cette association, Marcel-Francis Kahn a accusé les deux scientifiques de faire partie d’un réseau lié à Monsanto et d’intervenir  sur le Web ainsi que dans les médias en service commandé par la multinationale. Bien sûr, l’AFIS a publié sur son site une mise au point démentant ces allégations et demandant à M. Kahn de bien vouloir reformuler ses critiques relatives à l’introduction des biotechnologies végétales dans l’agriculture ainsi qu’au statut de l’expertise scientifique sous une forme dans laquelle les insinuations et attaques ad hominem seraient écartées car telle est leur [notre] conception de « l’éthique de la discussion ». Il a refusé.

En effet, au lieu de proposer une contre-argumentation scientifique, il  a préféré aller se plaindre auprès du biologiste et militant Christian Vélot de ce que l’AFIS, dont il était aussi un contributeur jusqu’en 2008, était devenu un véritable lobby pro OGM et que la rédaction de Science & Pseudo-sciences avait refusé de publier sa lettre ouverte demandant que Marcel Kuntz et Louis-Marie Houdebine indiquent leurs liens avec Monsanto et ses filiales,comme en médecine ( je m’occupe d’un journal scientifique médical) il est devenu obligatoire de préciser ce qu’on nomme conflits d’interêt. Il terminait alors sa lettre à M. Vélot en indiquant qu’il autorisait ce dernier à utiliser cette lettre et son [mon] nom. Autant dire qu’il encourageait le biologiste militant anti-OGM à largement diffuser cette missive et de toute évidence, c’est ce qu’il a fait, puisqu’on la retrouve sur des dizaines de sites Web anti-OGM! Même Le Monde aurait relayé ces accusations sans les vérifier, comme le signale Marcel Kuntz!

Petit problème: M. Kahn n’a jamais eu aucune preuve de ses allégations, ni n’en a cherchées. Il l’a reconnu dans un bref entretien avec Dan Israël, journaliste chez Arrêt sur Images, qui semble d’ailleurs être le seul à avoir tenté de le contacter pour lui demander de développer un peu ses accusations. Voici ce qui est ressorti de la conversation:

Monsanto aurait donc des réseaux, nous certifie la journaliste [Marie-Monique Robin, NDA], qui détiendrait “la preuve” que l’Afis est financée par Monsanto. Une preuve qui circule bien sur le net, et qui est en fait un message du rhumatologue Marcel-Francis Kahn, expliquant qu’il démissionne du comité scientifique de l’Afis.

La raison ? Ses dirigeants ont refusé de publier ses lettres demandant que deux des membres de l’association, Marcel Kuntz et le chercheur de l’Inra Louis-Marie Houdebine (auteur d’un livre mesuré sur la question) s’expliquent sur leurs “conflits d’intérêts” sur les OGM.

Sous-entendu : Kuntz et Houdebine sont payés, ou font financer leurs travaux scientifiques, par Monsanto.

L’accusation est grave… mais sans fondement ! Interrogé par @si, Marcel-Francis Kahn confirme bien volontiers qu’il est “opposé à la campagne de défense inconditionnelle des OGM menée l’Afis depuis deux ans” et qu’il juge “probable que des liens existent entre ces deux chercheurs et Monsanto ou ses filiales”. Mais le médecin ajoute aussitôt qu’il n’a pas connaissance de “fait précis” et qu’il ne possède “pas de preuve matérielle” pour étayer ses propos.

L’article n’étant disponible qu’aux membres d’@si,  à la demande de Wackes Seppi, qui vient de publier un article sur la rhétorique de Marie-Monique Robin, ayant elle aussi largement relayée les accusations infondées de Francis-Marcel Kahn, j’ai décidé de reproduire ici in extenso cet extrait révélateur, parce que c’est vraiment la seule trace fiable de son aveu. En effet, il s’est bien gardé de préciser à ses alliés anti-OGM qu’il ne s’agissait que de soupçons à diffuser comme tels, avec les précaution d’usage dans ce genre de cas.

Naturellement, dans la sphère militante, personne ne s’est offusqué de la manière dont M. Kahn a tenté de jeter le discrédit sur ses collègues de l’AFIS, puisque dans ces milieux, il est devenu normal de considérer que toute personne, qui ne s’oppose pas par principe aux OGM, ne peut qu’être corrompue par l’industrie et donc un ennemi.  Mais bon, lorsqu’on lit le témoignage de Mark Lynas, an ancien militant anti-OGM britannique qui a changé complètement d’avis sur la base de lectures scientifiques sérieuses, on comprend mieux ce qu’il en coûte à ceux qui veulent s’opposer à des militants dogmatiques!

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Au fil de mes lectures #17 | Peut-on censurer au nom des faits et de la rigueur intellectuelle?

Science_Set_TransLe blog Passeur de Science, sur la plateforme du Monde, propose un billet abordant un problème lancinant pour tous les blogueurs rencontrant un minimum d’écho ou même tout profil un tant soi peu populaire sur les réseaux sociaux: la tolérance d’opinions fondées sur la mauvaise foi, la manipulation, voire le mensonge, est-elle contre-productive et mène-t-elle au triomphe des idées fausses? Dit autrement, doit-on tolérer les “trolls” et leurs pseudo-anticonformisme ou bien faut-il les censurer? Ou encore, est-il utile de passer un temps fou à rectifier leurs propos pour éviter de laisser des propagandes souvent mensongères sans réponse? Si Pierre Barthélémy inscrit sa réflexion dans le cadre stricte de publications scientifiques pour le grand public, la même question peut effectivement se poser à tout un chacun qui essaie de diffuser des analyses rigoureuses et honnêtes, basées sur des données factuelles, avérées et vérifiables.