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Commentaire à chaud #20 | L’Europe doit-elle vraiment rompre avec l’universalisme et le progressisme?

Moving_Too_Fast_TransVoilà une bien étrange tribune publiée chez Slate.fr par Vincent Le Biez, Secrétaire national de l’UMP, qui génère bien plus d’interrogations que de réponses, même si certaines de ces questions ouvrent déjà des débuts de pistes dans une direction spécifique.  Si je peux suivre le tout début du raisonnement, à savoir qu’il était effectivement plus facile d’être persuadé de l’inéluctabilité du progressisme et de l’universalisme quand les puissances européennes parvenaient à dominer une bonne partie du monde, je ne vois pas trop en quoi une défense subjective des valeurs européennes pourraient aider les citoyens de ces pays à éviter le repli sur soi et à faire le deuil de cette époque passée.

Tout d’abord quelles sont les valeurs européennes? Ou plus exactement, les valeurs listées par l’auteur (l’Etat de droit, le libéralisme politique, la démocratie, la séparation du religieux et du politique, l’égalité entre les hommes et les femmes, la justice sociale, le respect de la dignité humaine ou, plus récemment, l’aspiration à la paix et le respect de l’environnement) sont-elles vraiment strictement européennes? Et d’ailleurs, qu’est-ce que l’Europe? Quand on voit la difficulté qu’à l’UE à générer une identité européenne collective parmi les populations des pays membres, on peut se demander s’il existe réellement une culture ou une civilisation européenne sur laquelle construire cet ensemble politique et économique. En tous cas, je ne connais pas beaucoup de Français, d’Allemands, d’Italiens, de Suisses, etc., qui, lorsqu’ils sont sur un autre continent, répondent à la question sur leur provenance en disant qu’ils sont “européens”.   Avant d’établir un diagnostique sur “la civilisation européenne” ou la “culture européenne”, encore faudrait-il pouvoir définir ces notions. Le problème particulier avec celle de “civilisation”, c’est qu’elle a tendance à enfermer les sociétés auxquelles on veut l’appliquer dans un enclot sociétal qui apparaît rapidement comme arbitraire et superficiel dès lors que l’on cherche à en faire l’histoire d’une manière un tant soit peu scientifique. Le concept de “culture” peut constituer un piège sémantique et historique dont il est tout aussi difficile de s’extraire. Cette difficulté explique d’ailleurs peut-être la suite du raisonnement de M. Le Biez qui finit par s’enrouler sur lui-même pour nous emmener, à mon sens, dans la direction opposée à celle dans laquelle il dit vouloir aller. Mais, le texte en lui-même est tellement vague que je ne peux généralement que m’interroger sans pouvoir vraiment répondre à ces questions, dans la mesure où c’est la première fois que j’entends parler de ce politicien et que je ne le connais donc pas du tout.  Son discours est tellement ambigu que chacun est libre de comprendre ce qu’il a bien envie de comprendre. Continue reading

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Au fil de mes lectures #15 | La culture geek sous la loupe académique d’un aca-geek

CultureGeek_MarquePage_arrondiJe viens à peine de commencer à le lire et j’en suis déjà à la page 50, soit un peu plus du quart de l’ouvrage! Autant dire que Culture Geek se boit comme du petit lait! On croirait à peine que ce texte a été tiré d’une thèse, tellement il est clair et agréable à lire! Or, il est difficile d’aborder de manière scientifique un thème comme la culture geek sans risquer de sombrer assez vite dans un vocabulaire jargonneux visant à rendre compte de la complexité du sujet. David Peyron y arrive pourtant très bien!

[← oui, j’ai aussi un petit côté «geek/otaku» et je collectionne des marques-pages «kawai» à utiliser pour mes lectures…ainsi que de drôles de petites mascottes  que l’on m’a offertes!]

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Colloque international “L’histoire culturelle et ses frontières”

A l’occasion de son 20e anniversaire, Le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, laboratoire de recherche de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, organise un colloque international : L’histoire culturelle et ses frontières. Vingt ans de recherche au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines. Cet événement se déroulera sur deux jours, les mercredi 14 et jeudi 15 novembre 2012, au Théâtre Montansier, 13 rue des Réservoirs, 78000 Versailles, pour le premier jour, et à la Médiathèque du Canal, Salle Léo Ferré, Quai François Truffaut, 78180 Montigny-le-Bretonneux.

Conférence | Les racines du monde global | Les rendez-vous de l’histoire

LES RACINES DU MONDE GLOBAL – Les rendez vous de l’histoire.

Depuis une décennie, l’histoire globale pousse les chercheurs à réviser leur approche des phénomènes mondiaux : nos regards sur la mondialisation, l’histoire de France ou les échanges entre civilisations en sort transformé.

Laurent Testot : Journaliste à Sciences Humaines, il a dirigé plusieurs dossiers consacrés à cette nouvelle discipline qu’est l’histoire globale et coordonné, avec Philippe Norel, Une histoire du monde global, Éd. Sciences Humaines, 2012 ; Histoire Globale, un autre regard sur le monde, Éd. Sciences Humaines, 2008.

Philippe Norel : Économiste, enseignant-chercheur à l’Université de Poitiers et chargé de cours à Sciences-Po, il est l’auteur de L’Histoire économique globale, Seuil, 2009, et de L’Invention du marché. Une histoire économique de la mondialisation, Seuil, 2004. Il a coordonné, avec Philippe Beaujard et Laurent Berger, Histoire globale, mondialisations et capitalisme, La Découverte, 2009 et, avec Laurent Testot, Une histoire du monde global, Éd. Sciences Humaines, 2012 .

Jean-Paul Demoule : Archéologue, ancien président de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives), professeur de protohistoire européenne à l’université Paris-I et membre de l’Institut universitaire de France, il plaide pour une approche comparée des sociétés de la préhistoire mondiale. Il a notamment dirigé La Révolution néolithique dans le monde, CNRS Éd., 2010, et publié Les Origines de la révolution néolithique, Le Pommier/Cité des sciences et de l’industrie, 2008 ; dernier ouvrage paru : On a retrouvé l’histoire de France. Comment l’archéologie raconte notre passé, Robert Laffont, 2012.

Christian Grataloup : Directeur de l’école doctorale de Géographie de Paris, il enseigne à l’université Paris-7-Denis-Diderot. Spécialiste de géohistoire, il a été l’un des fondateurs de la revue EspacesTemps. Il a publié notamment Géohistoire de la mondialisation. Le temps long du Monde, Armand Colin, 2007, rééd. 2010 ; L’Invention des continents, Larousse, 2009 ; Faut-il penser autrement l’histoire du monde ?, Armand Colin, 2011 ; et dirigé le n° 8084 de La Documentation photographique, « Représenter le monde », novembre-décembre 2011.

Philippe Beaujard : Anthropologue et historien, directeur de recherche émérite CNRS, Membre de l’équipe de Paris du CEMAf (Centre d’études des mondes africains), il est l’auteur notamment de Les Mondes de l’océan Indien, 2 volumes, Armand Colin., 2012 ; et il a codirigé, avec Laurent Berger et Philippe Norel, Histoire globale, mondialisations et capitalisme, La Découverte, 2009.