Votations du 9 février 2014 #1-2 | Vérification des allégations des opposants à l’initiative “Financer l’avortement est une affaire privée”

Affiche de la campagne des opposants à l'initiative "Financer l'avortement est une affaire privée".

Affiche de la campagne des opposants à l’initiative “Financer l’avortement est une affaire privée”.

Après avoir traité des allégations des auteurs de l’initiative “Financer l’avortement est une affaire privée”, il est temps de passer celles de leurs opposants à la loupe de la vérification. De manière générale, le constat est beaucoup plus positif que pour les propos des initiants, qui la plupart du temps restent très factuels, mais il y a quand même quelques affirmations qui posent problèmes, soit parce qu’elles sont inexactes ou parce que les relations de cause à effet proclamées ne sont pas si évidentes que cela, soit parce qu’elles confondent des vœux pieux avec des états de fait. Néanmoins, les opposants ont au moins l’avantage de ne pas surinterpréter des études scientifiques ou des statistiques.

N.B.: Les parties en gras dans les textes cités de l’argumentaire des opposant reprennent la mise en exergue originale.

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Votations du 9 février 2014 #1-1 | Vérification des allégations des auteurs de l’initiative “Financer l’avortement est une affaire privée”

Affiche de campagne pour l'initiative "Financer l'avortement est une affaire privée"

Affiche de campagne pour l’initiative “Financer l’avortement est une affaire privée”. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Comme annoncé dans mon billet précédent au sujet de l’initiative “Financer l’avortement est une affaire privée”, voici le résultat de ma vérification des allégations avancées par les initiants d’une part et par leurs opposants d’autres parts. Je suis tentée de présenter d’abord les résultats concernant les propos des adversaires de l’initiative, mais comme j’ai décidé de suivre l’ordre d’enchaînement des événements, je pense qu’il est plus logique que je commence avec les arguments des initiants.

Et il faut le dire, ce n’est pas vraiment brillant. Si on ne peut parler de mensonges éhontés, on a pas mal d’affirmations complètement gratuites ou alors accompagnées de vagues références généralement incomplètes, ce qui fait que l’on a du mal à remonter jusqu’aux sources. Je me suis rendue compte qu’une partie de leur argumentaire consiste en copiés-collés bâclés de textes publiés dans leur magazine de campagne, édité depuis 2011, ce qui fait que l’on a des renvois numérotés ou textuels qui flottent dans le vide.  Les initiants semblent aussi faire de nombreuses confusions qu’ils ne paraissent pas particulièrement pressés de clarifier, notamment dans leur usage de sources scientifiques. De toute évidence, ils ont besoin d’argument d’autorité. Le problème, c’est que tout ce qui sort de la bouche d’un scientifique n’est pas forcément scientifique.

N.B.: Les textes en gras dans les citations des arguments sont ceux des initiants.

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Bundeshaus Bern

Votations du 9 février 2014 #1 | Présentation de l’initiative “Financer l’avortement est une affaire privée”

mouton_surprisLes Suisses votent souvent (4-5x par années) et sur tous les sujets possibles et imaginables, depuis la largeur des lignes piétonnes jusqu’à ce qu’au fonctionnement de l’école publique, en passant par le choix des prochains avions de guerre dont s’équipera l’armée. Oui, le citoyen suisse est supposé être un expert généraliste, capable de faire un choix éclairé sur chaque élément de fonctionnement du pays. Je dis supposé, parce qu’on est souvent loin du compte, mais disons que la diversité des expériences de vie de ceux qui s’intéressent encore à la chose publique permet d’éviter le pire. Du moins, pour l’instant. En effet, ces dernières années, les “votants” nous donnent souvent des sueurs froides.

L’échéance du 9 février 2014 est à ce titre politiquement et culturellement chargée, puisque sont soumis à la décision populaire au moins deux sujets fédéraux chauffant à blanc les esprits partisans dans les chaumières. Ces prochains jours, je vais me concentrer particulièrement sur l’un des deux, l’initiative intitulée “Financer un avortement est une affaire privée“. Ce texte constitutionnel vise à retirer l’interruption volontaire de grossesse (IVG) des soins remboursés par les caisses d’assurances-maladie de base (dont le fonctionnement et le cahier des charges sont stipulés dans la LAMAL, loi sur les assurances maladies), auxquelles chaque habitant de la Suisse, citoyen ou pas, a l’obligation de cotiser. En d’autres termes, si cette initiative devait être acceptée, les femmes désirant avorter devront se débrouiller par leurs propres moyens pour financer le procédé. Continue reading