Conclusion

Ce qui ressort principalement de cette étude, c’est que le manga, loin d’être une occupation juste bonne pour des adolescents ignorants et isolés, s’adresse aux publics de toutes les couches sociales et milieux socioprofessionnels. Ce qui est finalement logique lorsque l’on sait que dans leur pays d’origine, les univers mangas visent les consommateurs depuis leur plus jeune âge jusqu’à leur retraite. Une bonne partie des répondants est venue au manga de par son intérêt pour l’Asie et le Japon, et non le contraire. On peut donc dire avec une certaine certitude que le manga contribue à populariser le Japon au même titre que les arts martiaux, les sushi-bars, les futons et d’autres types d’artéfacts étiquetés made in Japan. Mais je pense également que c’est cette entrée récente du Made in Japan dans la mode et les habitudes de vie qui a permis l’amélioration de l’image des mangas en Suisse. Et par extension, cette espèce de normalisation des fans, qui ne sont plus vus comme des détraqués sociaux mais au pire comme de simples fashion victims au même titre que les adeptes du Rap ou du Hip Hop.

L’enquête révèle aussi quelques tendances intéressantes dans l’évolution des modes de vie.

Tout d’abord, on s’aperçoit qu’une forme de narration comme le manga peut représenter une plateforme idéale pour encourager l’ouverture sur le monde, même de manière superficielle, ce qui n’est pas forcément évident avec la BD occidentale, peut-être trop proche de l’imaginaire culturel des lecteurs. La majorité des répondants démontre ainsi un réel désire d’approfondir ses connaissances du Japon et de sa culture suite à son expérience avec les mangas. C’est important de le relever car trop souvent, on a tendance à sous-estimer la capacité des produits de divertissements à encourager l’acquisition de connaissance et la curiosité intellectuelle, simplement parce que ceux-ci sont, à la base, des objets commerciaux de masse.

D’autre part, on voit que l’industrie audiovisuelle japonaise se profile comme un véritable facteur d’usage des nouvelles technologies, en déclinant une bonne partie de ses produits sur des plateformes numériques. Par ailleurs, la plupart des activités collectives autour de ces univers fictionnels ont lieu en ligne. L’imprimé ne semble destiné à n’être plus qu’un support média parmi d’autres et il serait intéressant d’étudier la place qu’il va prendre dans les habitudes de lecture des fans de mangas. Après tout, ils sont assez nombreux à se servir directement sur le Web. Si les mangas, en tant que BD, devaient être prioritairement diffusés sur des supports électroniques, cela remettrait en cause une bonne partie du fonctionnement actuel de leur édition, dont le premier média est quand même le magazine de prépublication sur papier recyclé. Affaire à suivre, donc.

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