Aside

Simplement correct #2-3 | Ooops….encore des affirmations infondées!

Piscine_videEn mai dernier, je postais une note concernant les erreurs et inexactitudes dans un article de Corinne Lepage au HuffPost encourageant à participer à la journée mondiale de mobilisation contre Monsanto. En effet, il apparaît qu’elle ait tendance à répéter toutes affirmations dénonçant le développement d’organisme par transgenèse, l’industrie agrochimique ou les scientifiques qui contredisent les militants anti-OGM, sans trop y réfléchir, ni même chercher à les vérifier. Entre autres déclarations fausses ou inexactes, elle déclarait notamment que Monsanto avait racheté la tristement célèbre entreprise de sécurité et de milice, Blackwater.  Je n’étais d’ailleurs pas la seule à avoir souligné cette erreur. En effet, Wackes Seppi, en commentant l’article de Mme Lepage en question, avait aussi fait remarquer que cette information ne tenait pas la route. Cependant, comme l’a signalé Yann Kindo, l’avocate a par la suite modifié le paragraphe incriminé en catimini, sans autre explication, ce qui fait que ceux qui la critiquaient sur ce point, semblaient alors s’exprimer dans le vide. Malheureusement pour elle (et heureusement pour nous), sa popularité fait que son article a été repris et rediffusé tel quel par des fans, ce qui m’a permis de confirmer que je ne m’étais pas trompée, et surtout, qu’elle n’assume pas aussi volontiers ses erreurs qu’elle ne l’a prétendu dernièrement.

Au cours d’une conférence de presse organisée avec Gilles-Eric Séralini, en réaction à l’annonce du retrait de son article par la revue qui l’avait publié l’année dernière, elle a cité nommément Anne Glover, “une ancienne de Monsanto” engagée comme conseillère scientifique par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, accusée de “faire régulièrement des déclarations pro-OGM”. Quelques jours plus tard, Mme Glover réagissait en démentant avoir jamais travaillé pour Monsanto et exigeait des excuses publiques de Mme Lepage. Evidemment, il était plus difficile pour elle de simplement faire disparaître  discrètement ses paroles malheureuses. Elle a donc accepté de s’exécuter, mais pas de bonne grâce. En effet, elle a alors profité de l’occasion pour en remettre une couche, en lui demandant

de rendre publique une déclaration d’intérêts pour “permettre d’être informé sur d’éventuels conflits d’intérêts” vu la fonction qu’elle occupe et lui demande des précisions sur l’entreprise spécialisée dans les biocapteurs qu’elle a créée en 1999 et sur d’éventuels brevets déposés par cette entreprise.

Eh oui, parce que dans la mentalité militante anti-OGM, si l’on a touché de près ou de loin à l’industrie, on est forcément contaminé à vie par une ambition permanente qui vous pousse à tous les opportunismes, même les plus cyniques. Cela signifie qu’à moins qu’Anne Glover se batte publiquement la coulpe, elle sera constamment soupçonnée d’être une sale capitaliste prête à tout pour se remplir les poches, y compris à empoisonner ou laisser empoisonner ses contemporains, hommes, femmes, enfants et vieillards sans défense.  En effet, si cette scientifique prend position en faveur des OGM, cela ne peut qu’être parce qu’elle est téléguidée d’une manière ou d’une autre par l’industrie, pas parce que la science a pu démontré nombre d’avantages de la transgenèse et que jusqu’à présent, toutes les tentatives de prouver sa dangerosité pour la santé humaine ou l’environnement ont lamentablement échoué, y compris celle de l’équipe Séralini.

Pour Séralini et ses supporters, il va de soi que toutes ces critiques ne peuvent émaner que de suppôts de l’industrie, et il n’est pas imaginable que l’étude soit attaquée tout simplement pour sa piètre qualité scientifique. Le monde de la recherche vu par Gilles-Eric Séralini et Corinne Lepage se divise en deux catégories : ceux qui croient que l’étude parue en 2012 a démontré que le maïs NK 603 donnait le cancer et ceux qui sont achetés par Monsanto. Faut-il croire qu’un complot de la science mondiale, vendue à l’industrie des OGM, veut à tout prix interdire toute recherche « indépendante » sur le sujet ? (Michel de Pracontal, pour Médiapart)

Et non, ce n’est pas parce qu’aucune étude indépendante sur les OGM n’a jamais été menée. Il est plus que temps d’en finir avec cette légende urbaine! En réalité, une rapide recherche sur PLoSOne et sur ScienceDirect démontre exactement le contraire de ce qu’affirment les militants anti-OGM. On ne peut pas non plus dire que les autorités européennes sont restées les bras croisés et ont laissé les OGM pénétrer le vieux continent sans autre.