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Au fil de mes lectures #17 | Peut-on censurer au nom des faits et de la rigueur intellectuelle?

Science_Set_TransLe blog Passeur de Science, sur la plateforme du Monde, propose un billet abordant un problème lancinant pour tous les blogueurs rencontrant un minimum d’écho ou même tout profil un tant soi peu populaire sur les réseaux sociaux: la tolérance d’opinions fondées sur la mauvaise foi, la manipulation, voire le mensonge, est-elle contre-productive et mène-t-elle au triomphe des idées fausses? Dit autrement, doit-on tolérer les “trolls” et leurs pseudo-anticonformisme ou bien faut-il les censurer? Ou encore, est-il utile de passer un temps fou à rectifier leurs propos pour éviter de laisser des propagandes souvent mensongères sans réponse? Si Pierre Barthélémy inscrit sa réflexion dans le cadre stricte de publications scientifiques pour le grand public, la même question peut effectivement se poser à tout un chacun qui essaie de diffuser des analyses rigoureuses et honnêtes, basées sur des données factuelles, avérées et vérifiables.

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Au fil de mes lectures #16 | Réponse du berger franco-suisse à la bergère française

VueSurLaFrance_Nyon_Juillet08

Vue sur la rive française du Lac Léman depuis les hauts de Nyon, en Suisse, prise en juillet 2008. © 2013 Ariane Beldi.

Voici une analyse sans concession de la manière dont la France tend à se cacher derrière une exception culturelle qui ferait que ce qui fonctionne ailleurs n’est intrinsèquement pas adapté à sa destinée extraordinaire. On retrouve cette conviction d’exception de droite à gauche, et sous diverses formes. Cette tribune de François Hauter, journaliste au Figaro, m’évoque ainsi notamment les propos d’Emmanuel Todd qui semble avoir transformé sa longue réflexion anthropologique sur les modèles familiaux de base en une justification savante du refus des Français de regarder un peu autours d’eux et de s’adapter au monde. Ainsi, selon lui, les méthodes en œuvre en Allemagne, en Angleterre ou ailleurs dans le monde anglo-saxon et germanique ne saurait être importées en France, pas même sous une forme adaptée, parce que les modèles familiaux caractérisant ces sociétés seraient trop éloignés. Bien sûr, ceux-ci n’évoluent pas et semblent figés à jamais, donc, tout emprunt à ces populations serait de toute manière vouée à l’échec. C’est ainsi que nombre de Français ne voient chez les autres, quand ils se décident à les considérer, que ce qui ne marche pas, ce qui leur permet de rejeter d’une main dédaigneuse les réformes déjà réalisées par leurs voisins et qui s’avéreraient pourtant essentielles pour la France, au prétexte qu’elles ne permettent pas d’atteindre la perfection. Ce qui fait conclure à l’auteur de cette tribune la chose suivante: Continue reading