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Sur un fil de la toile #6-6 | Le cerveau, une machine à fabriquer de l’irrationnel et du rationnel

See on Scoop.itEpistemology | Epistémologie 2.1.

Les croyances sont générées par la machine à croire sans soucis automatique de la vérité. L’intérêt pour ce qui est vrai est une “organisation” supérieure de l’orientation cognitive acquise qui reflète une philosophie sous-jacente présupposant une réalité objective pas toujours perçue par nos sens.

Commentaire d’Ariane Beldi:

Cet article présente de manière claire et précise une synthèse des connaissances scientifiques concernant les processus cognitifs à l’oeuvre dans la construction des croyances. Celles-ci sont présentées comme une forme de pensée première et intuitive qui peuvent nettement obstruer la compréhension du monde, mais répondent à des nécessités biologiques de base. Les recherches en la matière semblent corroborer les réflexions de nombre de philosophes, dans l’histoire de la pensée, qui considèrent que l’on ne peut se fier uniquement à nos impressions, à notre mémoire et à nos expériences personnelles pour évaluer notre environnement et découvrir la vérité. Il apparaît en effet que l’évolution a favorisé la tendance du cerveau à faire des raccourcis intellectuels dans l’analyse des relations entre des événements proches dans le temps, parce que cela permettait d’augmenter les chances de survie et donc de reproduction des êtres humains. Le cerveau n’a finalement aucun soucis de ce qui est vrai ou pas, mais uniquement de ce qui permet d’éviter le danger et de prolonger la survie. Les croyances servent donc à calmer des angoisses profondes comme celles liées à la solitude, à l’imprévu, à l’hostilité de l’environnement et naturellement à la mort (la sienne et celle des proches).

De fait, la pratique de l’esprit critique, du scepticisme et de la science peut s’avérer particulièrement laborieuse parce qu’elle s’oppose en partie à des fonctionnements cérébraux profondément ancrés. En même temps, l’article montre que l’émergence de cette manière d’appréhender la réalité résulte également de l’évolution de l’être humain et répond à d’autres besoins, mais moins liés à la survie directe, même s’ils sont tout aussi fondamentaux, c’est-à-dire, la recherche de la vérité sur notre monde afin de mieux y survivre. Cependant, les chercheurs considèrent pour l’instant qu’il s’agit de processus intellectuels essentiellement acquis plus qu’instinctifs et qu’ils fonctionnent à un autre niveau cognitif, avec des circuits moins automatiques et nécessitant plus d’entraînement et de rappels.

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4 thoughts on “Sur un fil de la toile #6-6 | Le cerveau, une machine à fabriquer de l’irrationnel et du rationnel

  1. c’est un point de vue bien expliqué, mais ce point de vue évolutioniste n’est pas le seul à apporter un bon point de vue.

    Les économistes comme Roland Benabou apportent leur pierre pour expliquer comment les illusions peuvent se maintenir malgré les faits, et malgré même l’intéret des victimes consentantes.
    http://www.princeton.edu/~rbenabou/papers/Groupthink%20IOM%202012_07_02%20BW.pdf

    son modèle qui reproduit bien les délires et l’aveuglement que j’observe, au plus haut niveau (pas seulement chez les illuminés, mais c’est plus invisible dans le consensus).

    l’idée c’est que nous protégeons non pas nos intérets mais notre evaluation de ces intérets, nos illusions de richesse, d’intelligence, de grandeur.
    partant d’une position rationelle a un instant, nous refusons quand les faits changent, de voir que nous sommes devenus “pauvres”.
    cela est de plus en plus nécessaire quand nous dépendons d’autres personnes illusionées, surtout les décideurs, les chefs, les leader de vérité, les revues scientifiques, les média, les électeurs, les clients, les financeurs, les agence d’états, sont dans le délire consensuel.
    Plus la vérité s’approche , plus la violence contre les dissidents augmente, et plus l’aveuglement augmente.

    ceux qui peuvent voir la vérité sont uniquement ceux qui ne souffrrent pas du délire ambiant, mais peuvent en profiter, sans avoir a reconnaitre de pertes anciennes.
    les nouveaux entrants, les gens déjà ruinés, les retraités, les carrières brisées, les fous, les entrepreneurs qui n’on pas de rente de situation…

    c’est pas un hazard si le plus gros cygne noir depuis des siècles est porté par :
    – un entrepreneur italien décrédibilisé et un chercheur italien en fin de vie(mort depuis)
    – une économiste grec vivant au canada, et un chercheur grec en début de carrière (donc sans carrière)
    – une multinationale de l’instrumentation scientifique qui quoi qu’il arrive vendra ses instruments
    – des chercheurs planqués en italie, dans la navy, dans des multinationales japonaises
    – et en chine… mais chuuut.

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    • Bonjour,

      Je vous remercie de votre visite et de votre commentaire. J’ai parcouru le papier du professeur Benabou, mais je n’ai pas le temps de le lire en entier pour l’instant. Je le garde et essaierai de m’y plonger un peu plus tard.

      Cependant, je ne pense pas que l’approche de cet économiste de Princeton que vous citez constitue vraiment une explication alternative à celle proposée dans l’article que j’ai relayé. Pas qu’elle n’aie aucune pertinence, loin de moi d’affirmer une telle chose, mais il me semble que le sujet qui vous préoccupe n’est pas le même que celui sur lequel porte le papier publié sur Charlatans.info, même si les deux sont clairement liés. En effet, ce dernier concernait les raisons qui poussent l’être humain à croire si facilement et à faire des inférences qui sont souvent fausses, alors que vous semblez plutôt parler de ce que l’on appelle la dissonance cognitive et certaines de ses conséquences directes comme la tendance au biais de confirmation, qui plus est, dans un contexte de liens collectifs. De fait, je pense plutôt que les travaux de recherche réalisés sur ce que l’on peut qualifier d’aveuglement collectif pour défendre des intérêts de groupe permettent d’aborder un autre niveau de la problématique des inférences cognitives erronées, celui concernant la protection d’une croyance face à des événements qui suggèrent fortement sa fausseté (dissonance cognitive) et la tendance à favoriser les information la corroborant (biais de confirmation), dans le but d’assurer une cohérence de groupe. Des travaux comme ceux de Benabou permettent d’observer des manifestations spécifiques de cet aspect de l’évolution humaine, par exemple, dans le cadre de groupes complexes comme des organisations telles que des entreprises ou des institutions gouvernementales.

      Par contre, je n’ai aucune idée de ce à quoi vous faites référence quand vous parlez du plus gros “cygne noir” depuis des siècles, ni même qui sont ces chercheurs, ces entrepreneurs, ces multinationales etc, que vous semblez pointer du doigt sans les nommer. Donc, je ne me prononcerai pas là-dessus.

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      • Je soutiens votre point de vue plus précis que le mien.
        Globalement quand on vois des croyance, des raccourcis, des entêtements, des dissonance cognitives, il y a plusieurs mécanismes qui peuvent être invoqués.
        Votre point est plutôt un mécanisme de calcul rapide et instinctif, qui comme dans le cas de illusions d’optiques peut nous tromper dans certains cas.

        Je parle effectivement d’un cas d’illusion, non pas individuelle, mais collective, fruit de comportement rationnels dans un système social pas forcément compliqué. Comme les illusions individuelles il s’agis de mécanismes qui sont utiles pour la cohésion du groupe (les militaires le savent bien), mais toxique parfois.

        Quand au cygne noir, c’est pas votre domaine. vous rirez quand vous le saurez. Pour le moment comme tout cygne noir vous n’y croirez pas. j’ai observé que quelque soit le volume et la crédibilité des preuves, elles ne convainquent pas les illusionnés (sauf les entrepreneurs).
        C’est comme la crise des subprime, qui était écrite au sens propre en 2005, et lancée dès les années 90. qui sont Nouriel Roubini, Nassim Nicholas Taleb ?
        si vous lisez Norbert Alter vous comprendrez pourquoi ce sont des alien au CV surprenant.

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        • En fait, concernant votre fameux cygne noir, je ne vois pas trop ce que je suis censée croire. Apparemment, vous faites références à quelque-chose que j’ignore complètement (ou que je connais, mais sous une autre dénomination). Je vais donc voir qui est ce Norbert Alter. J’ai l’impression que ça me rappelle vaguement quelque-chose, mais je ne sais plus quoi. Il faut dire que j’ai jonglé avec tellement de noms ces dernières années que je n’arrive plus toujours à me souvenir qui est qui et qui fait quoi.

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