Au 8 août 2013

Etudiante_MalineVoilà! Une année s’est écoulée, presque jour pour jour, depuis la dernière fois que j’ai publié quelques nouvelles. Mais, beaucoup de choses se sont déroulées, me vidant parfois complètement de mon énergie. Je suppose que si j’ai tenu le coup malgré tout, c’est grâce à ma famille, mes amis (hors- et en-ligne) et à quelques très bonnes émissions humoristiques de radio et télévision (Le Daily Show with Jon Stewart, le Colbert Nation, Les Dicodeurs, L’Agence, Les Guignols de l’Info)!

Mais tout d’abord, peut-être avez-vous noté que ce blog a pris quelques couleurs et s’est animé un peu plus! Contrairement à la période 2009-2012, durant laquelle je ne publiais presque rien, là, j’ai réussi à m’organiser pour poster quelque-chose au moins une fois par semaine, si ce n’est plus. Il est vrai que souvent, je me suis contentée de proposer quelques courts commentaires en réaction à des contenus que j’ai stocké sur scoop.it et knowtex. Et oui, c’était surtout en français, donc, je me suis peut-être un peu coupée d’un éventuel public non-francophone. J’ai néanmoins aussi quelques billets en anglais. Cependant, j’ai vraiment essayé d’écrire régulièrement afin d’exercer mes capacités rédactionnelles, mais aussi de chercher une sorte de style personnel. Et je sais que sur ce plan, j’ai encore beaucoup de travail. Il faut dire que ma tâche n’est pas aisée, dans la mesure où je navigue entre plusieurs eaux, avec divers types d’exigences. C’est particulièrement le cas de la rédaction de ma thèse. Depuis le début, on me reproche un style trop journalistique ou même familier, là où j’essayais simplement de rendre la lecture plus agréable et moins sèche. De toute évidence, arriver à combiner ce critère avec ceux exigés par le monde académique n’est pas une mince affaire. Ce blog me permet aussi d’exercer ma capacité à synthétiser mes analyses, la synthèse n’étant pas forcément synonyme de texte bref, mais plutôt focalisé sur le cœur du sujet.

Pour revenir à ce blog, ces derniers temps, je me suis surtout préoccupée par la place qu’occupent la rationalité et la rigueur intellectuelle dans les débats publics. Je me suis effectivement aperçue que la propagande et la désinformation semblent être en train de prendre un espace toujours plus important dans les débats publics à tel point que les journalistes (mais je ne leur jette pas non plus la première pierre, vues les conditions parfois éreintantes de leur profession), les citoyens et les associations militantes en tous genres ont un peu du mal à distinguer entre les faits et les opinions, les preuves et les indices, la réalité et les faux-semblants. Cependant, je reste persuadée que la pratique du scepticisme dans notre approche quotidienne du monde est à la fois possible et fortement souhaitable, aussi bien dans le décryptage de l’actualité, sans tomber dans le piège de la paranoïa bêtifiante. C’est certes laborieux, mais il me semble qu’à force d’exercice, ça le devient beaucoup moins, et c’est pour cela que j’essaie de le mettre en œuvre dans mes réflexions publiées sur ce blog.

Malgré le plaisir que je prends à expérimenter diverses manières d’écrire et de communiquer avec ce blog et d’autres outils du “Web 2.0.”, la thèse reste encore au centre de mon existence, mais plus pour très longtemps, heureusement! La dernière fois que j’en avais donné des nouvelles, je venais de finir de retravailler mes deux chapitres de terrain, concernant l’analyse de mes données et leur discussion. Bien que j’avais réussi à faire émerger une ligne bien plus claire et proposer une vision plus cohérente de ce que j’avais accompli, le texte était alors encore beaucoup trop long. En effet, l’ensemble des chapitres déjà rédigés comprenaient plus de 600 pages, sans l’introduction et la conclusions. Mon directeur de thèse m’a donc instamment demandé de réduire ce nombre de moitié. Cependant couper une thèse par en deux ne consiste pas simplement à élaguer un paragraphe sur deux. Cela suppose de repenser l’ensemble du travail afin de le resserrer autour de son fil rouge et de le faire ressortir afin de permettre au lecteur de plus facilement le suivre. Si mon document était trop long, c’est qu’il y avait trop d’informations superflues et j’ai donc dû les identifier, les retirer et reconnecter les parties restantes en les raccordant plus systématiquement à la problématique et à mes hypothèses. Tout cela m’a donc encore pris près de 4 mois. J’ai travaillé jusqu’au 31 décembre 2012, 23h30! Juste à temps pour boire un verre de champagne avec ma famille! Mais, j’ai réussi à rendre un document de 360 pages, intro et conclusion comprises. Bien sûr, j’ai dû rajouter 80 pages d’annexes, de listes de figures et d’illustrations, de tables des matières et de bibliographies. En effet, le modèle de feuilles de styles fournis par l’Université de Strasbourg requiert que l’entier du travail soit placé dans un même document, texte de thèse et données de terrains. Je n’ai malheureusement pas pu tout mettre dans celui-ci, une partie de mes données étant dans Excel et une autre partie, aurait tellement alourdi le fichier qu’il n’aurait plus été possible de le transmettre normalement ni même de l’ouvrir. Tel quel, il fait déjà 17MB!

Mais, tout ces efforts et ces mois de stress intenses semblent porter leurs fruits. Mon directeur a l’air assez satisfait de ma thèse et a donc réuni un jury afin de préparer la soutenance. Celle-ci se déroulera le 18 octobre 2013, à Strasbourg! Pour l’instant, j’attends les commentaires des autres membres du jury! Trois des professeurs (en plus de mon directeur de thèse) viennent d’universités alsaciennes et le quatrième d’Allemagne! Le résumé actuel de ma thèse se trouve ici!

Ah oui! Si vous vous demandez pourquoi je parle soudainement de Strasbourg alors que je vis en Suisse et que j’étais encore à l’Université de Genève jusqu’en 2011, c’est simplement que j’ai transféré ma thèse là-bas! Et je ne le regrette pas. Genève est certes une ville très agréable et son université une institution reconnue. Mais, Strasbourg est aussi une ville où il fait bon vivre et j’ai beaucoup apprécié mes trois derniers séjours là-bas! Dynamique, avec une riche histoire, et beaucoup, beaucoup d’étudiants! En fait, ils représentent 15% des 280’000 habitants! C’est aussi un paradis pour la petite reine, dont l’usage est fortement encouragé!

A côté, je prépare aussi ma vie après-doctorat, parce qu’il y a une vie après la thèse! Pour l’instant, je n’ai pas encore trouvé de travail stable, mais je continue à conseiller/coacher des étudiants avec leurs travaux de mémoire et de séminaires. Et j’adore ce job! J’apprécie énormément de pouvoir accompagner une personne jusqu’au bout de son effort et de pouvoir découvrir avec elle les résultats de la collaboration. C’est probablement un des sentiments les plus agréables! Pour l’instant, je m’occupe de deux personnes dans des domaines très différents et je découvre donc avec elles des sujets que je n’aurais probablement pas abordés autrement. C’est l’autre versant de ce travail que j’aime beaucoup. Cela me permet d’explorer des sujets importants, mais qui ne faisaient pas partie de mon cursus universitaire. Comme j’ai eu pas mal d’étudiants en sciences de l’éducation, je ne me sens plus autant en terrain inconnu quand j’aperçois des noms comme Piaget ou Vitgotsky. Surtout, cela me permet d’enrichir mon propre bagage culturel et intellectuel et il m’arrive parfois de pouvoir tirer des liens entre les sujets traités et des thèmes que j’ai étudiés. Au fond de moi, je crois que j’aimerais bien continuer ce genre de soutien ou de tutorat pour étudiants au-delà de ce suivi individuel.

Cependant, quoiqu’il en soit, je continue de chercher dans le domaine du journalisme spécialisé ou généraliste, de l’édition/rédaction Web, des relations publiques et de la gestion de communautés Web. Je reste naturellement ouverte à d’autres options!

Gare de Strasbourg

La gare de Strasbourg, vue de l’extérieur. Site de location de vélos. Strasbourg, septembre 2012. [(cc) Ariane Beldi]