Au fil de mes lectures #1 | La grande illusion du bio

Enluminure_Paysan_MoyenAge

Mois de juillet : les moissons
Calendrier-martyrologue de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, XIIIe siècle
Paris, BnF, département des Manuscrits, Latin 12834, fol. 59v.

Je viens de recevoir le numéro de janvier 2013 de Books et je ne peux m’empêcher de partager ici un résumé d’une réflexion large sur La grande illusion du bio, traduite d’un article de Robert Paarlberg, initialement publié dans Foreign Policy, en mai-juin 2010. Si cet article me plaît, je reconnais volontiers que c’est en partie parce qu’il résonne avec mes propres opinions sur les discours écologiques actuels et prédominants en Europe, qui tendent à opposer de manière simpliste une vision idéaliste de la nature et une conception apocalyptique de l’industrie.  Mon opinion se base non seulement sur un ensemble d’informations recueillies sur ces questions depuis maintenant quelques années, mais elle a été aussi façonnée par mes études en biologie et en anthropologie. Mon principal point de divergence avec les mouvements écologiques qui prônent le tout “local” et “bio” est avant tout de nature idéologique, dans la mesure où je ne partage pas du tout leur approche, que je trouve beaucoup trop binaire, de la relation de l’homme à son environnement. A mon sens, ils courent après un âge d’or écologique associé avec une agriculture dite “traditionnelle” et du terroir qui n’a jamais vraiment existé. Cet article a aussi provoqué la réaction de deux lecteurs, Anna Lappé (auteur d’un ouvrage intitutlé: Diet for a Hot Planet, et Jeffrey Locke, juriste auprès de Population Action International) au mensuel. Il les  a publiées, ainsi qu’une réponse de Paarlberg à ces lecteurs, sur une page accessible à tous, même aux non-abonnés. Ceci dit, voici synthétisés en quelques points ce que Robert Paarlberg considère comme les illusions de l’agriculture bio:

1ère illusion: l’agriculture bio locale pourrait remplacer les techniques héritées de la révolution verte pour nourrir les populations du monde entier.

C’est notamment la thèse défendue par Marie-Monique Robin dans son documentaire Les moissons du futur. Robert Paarlberg contredit ici plusieurs des assertions faites par les partisans de l’agro-écologie et de l’agriculture bio. Le bio et le “local”, du moins en l’état actuel des techniques développées, ne permettent pas, selon lui, de nourrir toute la planète, et vue l’idéologie du refus de culture intensive qui anime ce mouvement, il y a peu de chance que ce type d’agriculture le puisse un jour. L’auteur en veut pour preuve les problèmes de mal/sous-nutrition en Afrique notamment, où, par faute de moyens, l’agriculture est forcément bio et locale, puisque les paysans n’ont pas les finances, ni les infrastructures nécessaires au développement d’une agriculture moderne. Or, il semblerait, toujours d’après Paarlberg, que les terres agricoles en Afrique sont largement sous-exploitées et comme une bonne partie des agriculteurs vivent loin des routes, ils restent de fait exclus des grands réseaux commerciaux nationaux et internationaux. D’après l’auteur, cela explique aussi que les petits paysans d’Afrique n’aient été que très peu, voir pas du tout, touché par ce que l’on a appelé la crise alimentaire de 2008-2010.

Par contre, en Inde, l’adoption des techniques modernes d’agriculture ont permis de réduire la pauvreté paysanne de près de 40% depuis la fin des années 60, tandis que le pays doublait sa production de blé, ce qui lui a permis de renoncer à l’aide alimentaire internationale dès 1975. Certes, la misère dans les campagnes est loin d’avoir été éradiquée et nombre de mauvais usages des engrais chimiques ont provoqué de graves problèmes sanitaires et sociaux, mais l’auteur estime que l’on ne peut pas raisonnablement prétendre que l’agriculture moderne n’aurait rien apporté aux paysans indiens si ce n’est un surplus de difficultés. L’auteur reconnaît que l’introduction de ces techniques a aussi parfois contribué à creuser des inégalités sociales, notamment en Amérique latine, où les grands propriétaires terriens ont accaparés complètement l’ensemble des terres, y compris celles qu’ils avaient autrefois l’habitude de laisser cultiver aux paysans vivant sur leurs domaines, afin d’exploiter au maximum les possibilités de la culture intensive.  Mais même dans ces pays, le taux de malnutrition a été divisé par deux ces trente dernières années.

2ème illusion: L’agriculture bio est forcément écologique, ou, en tous cas, plus que l’agriculture industrielle.

Tenter de nourrir la planète entière avec une agriculture bio et locale aurait des conséquences écologiques graves que l’on ne soupçonne souvent pas. Celles-ci se manifesteraient notamment par la nécessité de démultiplier les élevages de bovins, afin de générer suffisamment d’engrais animal, ce qui déboucherait sur le besoin de démultiplier les surfaces exploitées pour les nourrir. Vu le rendement inférieur de ces méthodes, il faudrait alors aussi étendre les surfaces cultivables. L’auteur estime (mais il ne précise pas sur quelles bases) qu’il faudrait alors raser l’équivalent des forêts de Grande-Bretagne, de France, d’Allemagne et du Danemark réunis, et cela, uniquement pour subvenir aux besoins nutritionnels la population européenne!

3ème illusion: La nourriture bio est plus saine que les produits alimentaires issus des techniques d’agriculture moderne

Contrairement à ce que prétendent nombre de discours, il n’existe aucune preuve de la supériorité nutritionnelle des produits de l’agriculture bio. Les recherches menées ces dix dernières années, notamment par la Mayo Clinic, ne montrent aucun avantage significatif à ce niveau. D’ailleurs, les professionnels de la santé auraient arrêté d’utiliser ce critère dans leurs recommandations. De plus, du fait de la prise de conscience des problèmes écologiques posés par l’agriculture moderne intensive dans les années 60-70 (notamment grâce au fameux Silent Spring de Rachel Carson), celle-ci est devenue bien plus respectueuse de l’environnement. Des recherches ont été faites pour développer des techniques nécessitant beaucoup moins d’engrais et de manière plus ciblée. Il apparaît ainsi que les produits de l’agriculture moderne ne présentent pas significativement plus de traces d’engrais chimique une fois transformés et placés sur nos étalages, que les produits bio.

Par contre, ces derniers présentent souvent plus de risques pour la santé du fait de problèmes bactériologiques ou viraux liés à leur mode de production et de conservation. Alors que la plupart des rares intoxications alimentaires avec des produits de l’agriculture moderne résultent de mauvaises conditions de conservations et méthodes de cuisson (souvent chez les particuliers), les intoxications alimentaires aux produits bio sont plus fréquentes et liées à leur mode de production, interdisant toute utilisation de produits chimiques pour leur nettoyage et leur préservation. Ainsi, en Afrique, près d’un million de personnes meurent chaque années d’infections bactériennes ou parasitiques après avoir consommé des aliments “bio” avariés du fait de mauvaises conditions de transport et de vente.

4ème illusion: l’agriculture bio permet aux pays en voie de développement d’échapper à l’emprise de l’occident.

Enfin, l’auteur estime que la promotion de cette idéologie a eu un impact délétère sur les politiques d’aide au développement dans les pays d’Afrique et d’Asie, puisque progressivement, les financements se sont déplacés de la promotion d’une agriculture moderne vers la fourniture de nourriture sous la forme d’actions humanitaires ponctuelle, en réaction à des crises. Loin de permettre à ces pays de s’émanciper de leur dépendance aux pays industrialisés européens et nord-américains, cette évolution décourage au contraire des politiques agricoles coûteuses, mais nécessaires pour permettre à ces pays de se rapprocher d’une autonomie alimentaire afin d’assurer une certaine sécurité d’approvisionnement à la population.

Pour l’auteur, la solution ne réside ainsi évidemment pas dans une agriculture bio, essentiellement basée sur une approche de l’alimentation caractéristique de citoyens déjà bien nourris et ne craignant pas pour leur survie du lendemain. Il ne cautionne évidemment pas non plus une agriculture qui saccagerait complètement l’environnement, dans la mesure où cela reviendrait à scier la branche sur laquelle nous sommes assis et ce, dans un très court terme. Même uniquement en termes de productivisme industriel, cela n’aurait aucun sens. Il se place donc clairement dans une perspective de développement d’une agriculture moderne mais tenant largement compte de la question écologique, afin de réconcilier autant que possible les besoins alimentaires des populations et le respect de leur environnement. Pour lui, la science agronomique et l’ingénierie sont tout à fait en mesure de répondre à ces défis.

J’ajouterais que je pense que la quadrature du cercle à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés ne me semble pas si différente de celle à laquelle nos ancêtres faisaient face jusqu’au 19ème siècle, lorsqu’ils cherchaient sans cesse, mais avec plus ou moins de bonheur, à développer des méthodes d’agriculture permettant d’éviter les famines, qui s’abattaient fréquemment sur eux. Mais, les solutions proposées sont autrement plus efficace, parce que la recherche et les pratiques sont bien mieux coordonnées et organisées. C’est une chose que nombre d’écolos urbains, qui n’ont jamais connu l’angoisse des rayonnages vides et ont la tête pleine d’images champêtres et pittoresques de la vie à la campagne, tendent à oublier.

14 thoughts on “Au fil de mes lectures #1 | La grande illusion du bio

  1. Christian Agostini says:

    Très étonné par l’indigence des arguments de Paarlberg, je cherchais quelques informations sur ce professeur. Je constate qu’il est plutôt discrédité pour la pauvreté de ses recherches que par ses prises de positions caricaturales.
    Ma réaction se fonde sur ma nouvelle vie d’agriculteur et ma bibliothèque éclectique (Pédologie, biologie, agronomie… ).
    Manifestement cet homme dispose de sources d’informations d’une grande pauvreté et surtout datées. L’agriculture industrielle, bio ou non bio (les différences s’atténuent) peut-elle encore être qualifié de moderne?
    Aujourd’hui les maraichers à la pointe de la modernité s’intéressent plutôt à l’agroforesterie, le BRF, la permaculture…. sans idéologie.
    Les expérimentations sont plutôt sur le non-labour, l’absence totale d’intrants, les micro-fermes….
    L’agriculture liée aux semences dites modernes ou à l’extreme mécanisation (bio ou non) est simplement celle du siècle dernier et la dominante. La transition avec des méthodes cumulant les pratiques ancestrales et les plus récentes découvertes sur la vie du sol sera sans doute assez longue.
    Surtout si des universitaires ultra-conservateurs continuent d’appuyer sur les freins des deux pieds.
    Les idéologues écologistes et lui même enfilent-ils de temps en temps une paires de bottes pour apprécier la qualité de l’humus? j’en doute.
    Même la France, plutôt en retard sur ces pistes agricoles, commence à bouger.
    La ferme du Bec-Hellouin, par exemple, dont les expériences sont en cours de validation par l’Inra, incarne des possibilités de rendement intensif (supérieur à ceux des maraîchers traditionnels du 20e siècle) sur une ferme de petite taille, en respectant rien de moins que la vie du sol et de ceux qui ne dépendent encore que de lui, les humains.
    Les intérêts commerciaux ou quasi-religieux dans le mauvais sens des termes ne sont pas toujours faciles à discerner.
    La foi de Paarlberg est si pauvre en nuances, si riche en contradictions, si manichéenne qu’il me faut retourner au jardin pour retrouver de l’enthousiasme.
    Pardonnez-moi ce post émotif et peu documenté. Mais pour discuter sérieusement de cet article et de son fond de commerce, il faudrait reprendre tant de fondamentaux…

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    • Mais vous êtes la bienvenue de vous exprimer, comme vous le sentez! Et je suis la première désolée que mon billet vous aie mis dans un tel état!

      Cependant, que Paarlberg soit contredit par ceux qu’ils critiquent ne signifie absolument pas qu’il soit controversé ou même peu sérieux. Ensuite, comme je l’ai déjà dit, il ne s’oppose pas strictement au bio ou à l’agro-écologie, mais il précise simplement qu’elles ne permettent pas, du moins à ce stade développement, de nourrir l’ensemble de la population mondiale, et il doute effectivement qu’elles ne le puissent jamais.

      Enfin, ce n’est certainement pas lui, ni les scientifiques agronomes travaillant sur les méthodes modernes qui bloquent le développement de la recherche sur l’agriculture bio ou écologique. Pour l’instant, ce sont plutôt les militants écologistes et des alterscientifiques comme Séralini qui contribuent à bloquer les recherches sur diverses techniques, notamment la transgenèse, en ayant recours non pas à la science, mais à du lobbying purement politique.

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    • Re-bonjour!

      J’ai là un peu plus de temps à disposition et j’en profite pour vous répondre de manière un peu plus élaborée.

      Primo, vous accusez M. Paarlberg d’avoir des arguments trop pauvres et de ne pas avoir mené suffisamment de recherches, pour nous révéler, à la ligne suivante, que vous-mêmes, n’en avez pas vraiment menées non plus. En effet, vous nous dites vous fonder sur une expérience toute récente d’agricultrice débutante et ce qui semble n’être qu’un butinage dans une littérature que vous qualifiez vous-mêmes d’éclectique. Je crois que pour être à même d’évaluer la qualité des recherches et des prises de positions de M. Paarlberg, il faudrait que vous puissiez au moins attester d’un effort de recherche équivalent, ce qui n’est de toute évidence pas le cas. En effet, quand vous partez sur les techniques des maraîchers, alors que Paarlberg nous parle d’agriculture, soit l’ensemble des techniques d’exploitation de la terre, pas uniquement la culture de légumes et d’herbes de cuisine, on se dit que vous n’êtes simplement pas dans le même sujet. Je ne suis pas en train de dire que la parole d’une personne dilettante ne vaut rien, mais quand des amateurs prétendent faire la leçon à des experts sur la base de la simple expérience personnelle et du bon sens, il y a de bonnes chances qu’ils se fassent un peu renvoyés dans les cordes.

      Deuxio, manifestement, vous n’avez pas vraiment lu ni mon résumé, ni l’article original, sinon, vous n’utiliseriez pas le mot “moderne” dans le sens de nouveau et révolutionnaire que vous lui donnez, mais plutôt de contemporain, ce qui est bien le cas. M. Paarlberg ne parle pas non plus de l’agriculture intensive, ayant résulté des techniques développées au cours du 20ème siècle, comme d’une panacée ultime. Mais, il remarque que celle-ci a permis ce que les traditions agricoles jusqu’au 19ème siècle ne parvenaient pas à faire, soit à nourrir régulièrement l’ensemble des populations ayant accès à ce type de produits agraires. Après tout, cela fait maintenant près de 70 ans que nous n’avons plus connu de famines en Europe et en Amérique du Nord, ce qui est franchement sans précédent dans l’histoire humaine! Il n’oppose pas non plus agriculture bio et agriculture industriel, mais il dit clairement qu’en l’état, la première n’est simplement pas en mesure de nourrir l’ensemble de la population mondiale, comme le montre la situation dans de nombreux pays d’Afrique où la majorité de l’agriculture, est, par défaut, bio, soit dénuée d’intrants et réalisée sans aucune technique issue de la révolution verte. Il estime aussi que le bio n’est pas automatiquement écologique non plus.

      Tertio, il se trouve que Paarlberg plaide bien pour une agriculture moderne qui prenne en compte les problématique écologique. Mais, apparemment, vous avez complètement zappé ce point. Cependant, il n’est effectivement pas pour un retour aux “traditions ancestrales”, qui, contrairement à ce que prétendent nombre d’écologistes et d’anthropologues biaisés par une idéologie du pittoresque, ne sont souvent de loin ni très efficaces, ni forcément écologiques du tout. La culture sur brûlis en est un exemple flagrant! Quant à enfiler des bottes pour aller respirer l’humus de la terre, je ne vois pas en quoi cela aiderait forcément à trouver des solutions pour l’agriculture de demain. Certes, ce n’est pas en restant enfermer dans un bureau qu’on y arrivera, mais il se trouve que les ingénieurs agronomes, qui font de la recherche, dans le public ou le privé, ont autant le nez dans l’humus que vous, mais, en plus, leur littérature n’est pas “éclectique”, ni choisie au petit bonheur la chance. Elle est généralement extensive et méticuleuse. Concernant les expériences de la ferme du Bec-Hellouin, je n’ai trouvé aucune indication qu’elles seraient en cours de validation l’INRA, comme affirmé sur nombre de sites Web partisans de l’agroécologie. En fait, je n’ai trouvé aucune trace d’une telle étude, ni sur les sites qui l’évoquent, ni sur les sites des principales institutions supposées les mener, à savoir l’INRA et Parisagrobiotech. Et si cette ferme suit les mêmes principes que celle du mas de Beaulieu, de l’association « Terre et Humanisme », en Ardèche (http://afis-ardeche.blogspot.ch/2012/09/humanisme-notre-visite-chez-des.html), alors, je doute très fortement qu’elle n’obtienne jamais une quelconque validation de ces institutions, à moins qu’elles ne soient complètement noyautées par des agroécologistes.

      Quatro, je ne vais pas trop ergoter sur vos accusations gratuites, qui tiennent presque du réflexe pavlovien chez certains adeptes du bio, et consistent à considérer que toute critique de cette agriculture ne peut venir que de gens corrompus par des intérêts bassement économiques. Et bien entendu, pour vous dispenser d’avoir à les justifier ou d’apporter des preuves de vos soupçons, vous prétendez que “Les intérêts commerciaux ou quasi-religieux dans le mauvais sens des termes ne sont pas toujours faciles à discerner.” C’est vraiment trop facile. Et en dit plus long sur la dissonance cognitive qui agite certains partisans absolus du bio que sur l’état actuel des industries agricoles!

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  2. Je ne sais pas pourquoi ce blog n’est pas encore dans mon flux RSS, je le rajoute🙂

    @Rufus: je pense que tout le monde aujourd’hui veut travailler dans le même sens: minimiser l’impact de l’agriculture sur l’environnement, minimiser les intrants, si on exclut les problèmes (importants) sociaux/politiques. La difficulté ici concerne la manière d’y parvenir, ce qui en définitive revient à se poser la question de savoir quel rapport coût/bénéfice est socialement acceptable? Le bio en se basant sur une charte non fondée sur la raison mais sur une fausse croyance naturalistique est je pense une impasse que même dans le camp écolo, certains cherchent à dépasser. Songer par exemple aux termes agricultures soutenables, ou encore le rapport de Schutter qui est régulièrement brandi par les partisans du bio mais qui ne parle pas, justement, de bio. Est-ce logique/raisonnable d’utiliser un pesticide “naturelle” si celui-ci s’avère plus toxique qu’un autre pesticide mais de synthèse? Pour ne pas utiliser les OGM dans le bio? On utilise bien des plantes issues de mutagenèse pourtant. Bref, il est important il me semble de montrer en quoi le bio n’est pas une solution intéressante pour atteindre les objectifs cités plus haut.

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    • Probablement parce que tu ne le connaissais pas encore et qu’il est moins focalisé sur un seul sujet. En fait, c’est un peu ma plateforme personnelle, qui me permet de réunir mes divers fils sur le Web! Mais, merci pour la visite et la bonne réponse à Rufus. Je n’ai malheureusement pas encore eu le temps de le faire. J’espère que nous pourrons continuer à échanger sur ces questions de sciences et pseudo-sciences! J’ai rajouté ton blog dans mes propres flux!

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  3. Je suis d’accord avec vous. Le mouvement organique n’est pas fondée sur la science, mais l’idéologie.

    I am in agreement. The organic movement is not science but ideology

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  4. Wackes Seppi says:

    Pour se faire des « amis », rien de mieux que de parler en termes critiques de l’agriculture dite « biologique ». En tout cas, vous avez eu une saine lecture.

    Le papier de Paarlbeg est disponible ici :

    http://www.jmhinternational.com/news/news/selectednews/files/2010/06/20100601_20100501_ForeignPolicy_AttentionWholeFoodsShoppers.pdf

    Il vaut d’être lu car il lamine quelques idées au marteau-pilon.

    Il faut savoir quatre choses (au moins) :

    1.  La productivité de l’agribio en Europe est souvent inférieure de moitié ou plus par rapport à l’agriculture conventionnelle. En France, en blé, le rendement actuel est de 71 quintaux à l’hectare en moyenne quinquennale. En biologique, il a été de 32 quintaux à l’hectare selon des sondages, soit moins de la moitié. On passe la France en «tout bio» et adieu les exportations, vive le creusement de notre déficit commercial déjà inquiétant, et vive les importations et la dépendance de l’étranger.

    2.  En fait, passer en bio de manière aussi raisonnable que possible suppose de modifier considérablement les équilibres agricoles, économiques et alimentaires. Allonger les rotations, c’est produire des cultures pour lesquelles il faut avoir la technicité, le matériel… et les débouchés. C’est aussi augmenter la part de l’élevage – il faut du fumier en « vrai » bio… – dans les régions dites « céréalières »… Ce qui créée des pressions sur les régions à vocation herbagères, moins productives.

    3.  L’agribio d’aujourd’hui bénéficie de la protection phytosanitaire appliquée aux cultures conventionnelles. Augmentez les surfaces en bio… et bonjour les risques accrus.

    4.  L’Europe est déjà importatrice nette de denrées alimentaires, pour une surface agricole équivalente à la superficie de l’Allemagne. Augmenter la part du bio, c’est accroître notre dépendance. C’est tout simplement suicidaire.

    L’agriculture biologique, au moins pour les grandes cultures, c’est un caprice d’occidental choyé, disposant (encore) du nécessaire et du superflu, aveugle aux dures réalités de la vie. Les grands projets d’extension du bio à 20 % de la SAU sont des délires irresponsables.

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  5. AnonymousRufus says:

    Bonjour,

    Je n’ai aucune connaissance en agronomie et je suis favorable au bio, comme quoi on peut cumuler la peste et le choléra.
    J’ai quelques remarques, je vais commencer par ce qui me semble le plus important :
    L’auteur parle du bio censé être plus sain que l’agriculture moderne. Depuis quand moderne et bio sont-ils opposés ? Le bio ne peut qu’être archaïque et pour tout dire un fantasme de bourgeois ? Passons. La culture intensive n’ôte peut-être rien en termes de nutriment mais ce qu’elle ajoute en termes de pesticides est nettement plus discutable. Que les Africains meurent à cause de produits avariés est une chose mais dire que c’est du bio… quel abus de langage de la part d’un scientifique ! Le bio tue un million d’Africain par an ! Quelle découverte étonnante, c’est le Pullitzer assuré ! Pardonnez-moi la boutade, c’est vrai qu’il n’y pas de quoi rire. Veuillez y voir l’expression de mon indignation parce que, une fois de plus, on crée de faux débats pour éviter de parler du vrai problème : les lois de l’OMC et la répartition des richesses humaines.
    La définition du bio sur laquelle je me base en tant que Français est celle liée au cahier des charges du label AB. Je ne suis pas sûr que les « produits avariés » susdits répondent à ces critères. Et puis cela ce ne sont que des suppositions, l’Afrique est vaste, on ne sait même pas de quels produits avariés il est question ! Pourquoi ne pas discuter d’une étude scientifique sérieuse sur les risques liés aux produits bio français, je serais curieux de voir si les conclusions concordent quoique le terme « conclusion » ne convienne pas ici car l’auteur n’a pas donné d’argument, juste une opinion sans intérêt.
    Selon l’OMS « Chaque année, 1,8 million de personnes, dont 90% d’enfants de moins de cinq ans, vivant pour la plupart dans les pays en développement, meurent de maladies diarrhéiques (y compris du choléra) ; 88% des maladies diarrhéiques sont imputables à la mauvaise qualité de l’eau, à un assainissement insuffisant et à une hygiène défectueuse.
    Source : http://www.who.int/water_sanitation_health/publications/facts2004/fr/index.html

    1) Extrait de l’ APERCU SUR L’EPIDEMIOLOGIE DEPESTICIDES (Dr. Jacques Sténuit et Marie-Louise Van Hammée)
    « L’étude de RAGHUNANDAN a comparé deux groupes d’enfants, âgés de 4-5 ans et 8-13 ans,
    résidant dans 18 villages répartis dans six Etats de l’Inde et choisis pour leur usage intensif de
    pesticides dans la culture du coton, à un groupe d’enfants moins exposés. Les tests comparatifs ont
    révélé de sérieuses failles dans le développement intellectuel des enfants exposés : altération de la
    capacité analytique, de l’habilité motrice, déficience de la concentration et de la mémoire. Chez les
    enfants âgés de 4-5 ans, 86 % des tests étaient plus mauvais que chez le groupe de contrôle… »

    « Peu d’études épidémiologiques ont été entreprises, dans la population générale, pour mesurer
    l’impact des pesticides sur le système immunitaire. Nous avons relevé celle menée dans le Nord de
    la Caroline (USA) montrant que les personnes habitant près d’un site largement contaminé par des
    pesticides organochlorés, des solvants et des métaux lourds présentaient des déficiences de leur
    système immunitaire »
    http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=APERCU+SUR+L%27EPIDEMIOLOGIE+DES+PESTICIDES,+Dr.+Jacques+Stenuit&source=web&cd=2&cad=rja&ved=0CDUQFjAB&url=http%3A%2F%2Fwww.pesticide.be%2Fpdf%2Fepidemio-pesticides.pdf&ei=1Wr0UOK4KZKGhQfqmIGgCw&usg=AFQjCNHnfe4pd7S9q5tZqpdL3DPLdhnxUw
    De nombreuses études édifiantes sur l’impact des pesticides sur le système immunitaire (notamment celui des enfants) y sont répertoriées. Souvent ce sont des populations vivant en milieu agricole et donc soumise à des concentrations plus fortes, certes, mais à très petites doses ou à fortes, un produit toxique reste toxique– et l’effet d’une faible dose peut être très dommageable pour un fœtus comme cela est démontré par le dr Sténuit, études à l’appui.

    2) ça ne permet pas de nourrir la planète selon Robert Paarlberg. C’ est un argument d’autorité que l’on peut contrer par un autre argument d’autorité, par exemple en citant cet article du journal du CNRS : « Les pesticides sont à l’origine de contaminations de la nappe phréatique et d’atteintes à la biodiversité. Et 30 % des émissions de gaz à effet de serre – méthane et protoxyde d’azote en tête – sont imputables à l’agriculture. […]Difficile d’imaginer qu’une telle agriculture puisse nourrir 9 milliards de personnes en 2050 tout en préservant l’environnement. Fabrice Dreyfus, directeur de l’Institut des régions chaudes, à Montpellier3, et membre de l’IAASTD, enfonce le clou : « Il est désormais évident que nous ne pouvons plus poursuivre dans cette voie. Même les pays les plus farouchement partisans de l’agriculture intensive, comme les États-Unis ou l’Australie, commencent à accepter – timidement – l’idée du changement.»
    Source : http://www2.cnrs.fr/journal/4027.htm

    3) Toujours selon l’auteur, l’Afrique consomme des produits bio et locaux. Et bien selon moi ce n’est pas le cas, je pense que l’Afrique importe beaucoup de nourriture mais ce n’est pas un argument valable n’est-ce pas ? En attendant des preuves concrètes sur la question, je considère que ni l’auteur ni moi ne pouvons prétendre une seule seconde affirmer quoi que ce soit à ce sujet. Agir autrement serait malhonnête.

    4) dans la 2ème illusion, le problème de la production bovine est abordé de manière simpliste.
    5) le bio pour échappe à l’emprise de l’Occident… je ne doute pas que certains y croient mais ces personnes sont-elles nombreuses ? Sont-elles représentatives de quoi que ce soit ? Surement pas de la majorité des tenants du bio qui ont l’honnêteté d’inclure dans leur réflexion les facteurs géopolitiques, structurels et économiques.
    « Les financements se sont déplacés de la promotion d’une agriculture moderne vers la fourniture de nourriture sous la forme d’actions humanitaires ponctuelle » Certes mais est-ce dû l’agriculture biologique ? Sinon quelle est la pertinence de cette remarque ?

    6) « nombre d’écolos urbains, qui n’ont jamais connu l’angoisse des rayonnages vides » Enfin nous y voila ! L’ennemi est démasqué, les écolo-bobo ! Ceux qui râlent devant le maïs Monsanto, qui osent mettre en doute le programme nucléaire, bref tous les imbéciles qui empêchent le monde de tourner. Je me permets d’en exclure mes grands-parents qui ont connu la misère, la vraie, celle des repas sautés et des vêtements cousus dans les sacs.Ils mangent bio depuis quarante ans. Sont-ils les seuls dans ce cas ? Non. Représentent-ils la majorité des écolos ? Non. Pas plus que les nombreux scientifiques corrompus :
    « Créé en 1953, le CTR était piloté en partie par l’agence de relations publiques Hill & Knowlton et des avocats mandatés et payés par les cigarettiers. Il avait pour principale mission d’orienter la recherche scientifique dans un sens favorable à l’industrie, en finançant certains projets et en écartant d’autres.
    En un peu plus de quarante ans, le CTR a dépensé 282 millions de dollars pour soutenir plus de 1 000 chercheurs qui ont publié quelque 6 000 articles scientifiques. »
    Source : http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/05/31/guerre-du-tabac-la-bataille-de-la-nicotine_1710837_1650684.html
    J’aurai l’honnêteté intellectuelle de pas penser cela de tous les scientifiques dont je ne partage pas les vues ni de leur réserver le mépris palpable qui transpire dans votre conclusion. Ces dernières lignes ne sont que l’expression d’un carcan élitiste et paternaliste, une manière d’infantiliser les écolos. Pourtant je suis d’accord sur le fait que des bigots écolos existent et que leurs propos sont parfois horripilants ou grotesques. Alors soyons honnêtes, la bêtise et l’aveuglement sont-ils endémiques au mouvement écologiste ? N’y a-t-il aucun scientifique borné et pontifiant ? Des noms viendront à l’esprit de tout le monde et là n’est pas le propos, la bêtise n’a jamais été le dénominateur commun d’un mouvement, pas même dans l’extrême-droite qui ne manque pas de militants impulsifs. Alors cessons de mépriser la pensée différente quand bien même un porte-parole nous agace par sa stupidité. Ne généralisons pas.

    Ma conclusion sera la suivante : je suis convaincu que les pays en développement ont besoin d’une agriculture intensive dans un premier dont je suis bien sur incapable de déterminer la durée. Je pense que le bio est pour l’instant un luxe de pays développé et que la technique doit s’améliorer pour transformer ce luxe en une norme. Par conséquent je n’oppose pas le bio à la modernité ni l’écologie à la technique. Quant à ceux qui ne sont pas d’accord, je comprends leur point de vue et j’admet que les raisons économiques sont un obstacle actuellement trop gros et que des compromis doivent être faits pour une utilisation raisonnée d’une agriculture qui nourrisse l’homme sans tuer la planète et que cela passera probablement dans un premier temps par l’agriculture intensive.

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    • Bonsoir,

      Je vous remercie d’avoir pris le temps de proposer un commentaire aussi élaboré, mais, je me demande malgré tout si vous avez vraiment lu mon billet de bout en bout. En effet, si vous le relisez, vous verrez que, grosso modo, l’article que je résume conclut sur une ligne similaire à la vôtre et que l’auteur n’oppose pas strictement bio et agriculture conventionnelle, mais qu’il bat en brèches un certains nombre d’idées qu’il considère comme des illusions quant aux affirmations sur la capacité de l’agriculture bio à nourrir le monde. Je n’ai pas le temps de répondre à chacun de vos points ce soir, mais je tenais à accuser réception de votre commentaire. J’essaierai de le faire à un autre moment.

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    • Re-bonjour,

      J’ai enfin du temps pour vous répondre plus en détails.

      On peut dire que ça commence mal, puisque vous reconnaissez ne rien connaître à l’agronomie, mais prétendez quand même contredire à égalité les affirmations de l’auteur concernant, par exemple, les pesticides. On se demande sur quelles bases! Parce qu’il se trouve que les lois européennes et nord-américaine limitent très strictement l’usage de pesticide et obligent les agriculteur à en faire un emploi très ciblé. Cela signifie que les produits qui arrivent dans nos étalages contiennent des taux de pesticides trop bas pour avoir un impact réel sur nos organismes. Que les agriculteurs d’autres pays du monde ne soient pas soumis à ces normes pour les productions destinées à leurs marchés intérieurs ou à des marchés dans des pays ne se préoccupant pas autant de cet aspect ne change rien au fait qu’il est parfaitement possible de combiner préoccupation sanitaire et agriculture intensive. Cela renchérit simplement le produit final. De plus, les contrôles sanitaires sous nos latitudes se sont énormément renforcés ces 20-30 dernières années, ce qui fait qu’il est beaucoup plus difficile pour les importateurs indélicats de faire passer en douce des produits non-conformes. D’ailleurs, ces barrières sanitaires sont régulièrement dénoncées par les pays en voie de développement, lourdement dépendant de leur agriculture pour leur survie économique, comme des mesures protectionnistes destinées à favoriser les paysans européens, nord-américains, japonais et coréens, dont les coûts de production sont évidemment beaucoup plus élevés. Et oui, l’OMC n’est pas autant dominé par les pays industrialisés que ne le prétendent les écologistes et la gauche, qui, pour le coup, sont bien ceux qui veulent éviter le vrai débat! A savoir celui de la libéralisation du secteur agricole, tant réclamée par les pays en voie de développement!

      Le cahier de charge du bio en Europe. Parlons-en. Il se trouve que les risques d’intoxications alimentaires dûes à des produits bio sont bien liés au cahier de charge, qui interdit les herbicides, obligeant alors les paysans à tout arracher à la main, et les produits chimiques pour le lavage de certains produits, notamment les pousses de soja. Oui, je fais référence ici à deux cas tout récent d’intoxication gravissime. Dans un cas, il s’agissait d’un champs de sarrasin, dans le sud de la France, envahi par de la datura, une mauvaise herbe extrêmement toxique pour l’organisme humain, dont les graines se sont ensuite mélangées à celle de la céréale au moment de la récolte, ce qui a empoisonné la farine qui en a été tirée. Tous les boulangers de la région PACA qui se fournissaient chez ce paysan ont dû jeter leurs produits après que certains de leurs clients aient été admis à l’hôpital. L’autre cas a été bien plus médiatisé, puisqu’il a provoqué l’intoxication de plusieurs milliers de personnes en Allemagne, ayant mangé ces pousses de soja, et la mort d’une quarantaine d’entre elles, durant l’été 2011. Citez-moi un seul cas récent d’intoxication alimentaire de cette ampleur dû aux techniques de production agricole industriel en Europe ou en Amérique du Nord!

      Votre histoire de qualité d’eau dans les pays en voie de développement est simplement hors-sujet. Dans les pays d’Afrique, où la culture intensive et industrielle est encore relativement rare, comparé à la surface du continent, la mauvaise qualité de l’eau est largement dûe à d’autres facteurs, dont les multiples parasites, bactéries et virus qui y prolifèrent, ou encore la pollution dûe à des activités industrielles mal contrôlées. Ce n’est quand même pas la faute à la révolution verte si les gouvernements de ces pays ne sont pas fichus de mettre sur pied une politique de gestion de leurs ressources d’eau et préfèrent investir plutôt massivement dans l’armement, l’armée, la police et autres structures de contrôle de leurs populations!

      1) Trouvez-moi plutôt une étude concernant l’empoisonnement récent de populations européennes ou nord-américaines exposées à l’agriculture intensive! Si vous allez chercher vos exemples dans des pays où l’on sait très bien que les normes de sécurité écologique et sanitaire ne sont absolument pas respectées, alors, vous êtes évidemment certains de trouver des dégâts importants. Mais, de nouveau, ce ne sont pas les techniques d’agriculture qui sont en faute ici, mais bien leur application. D’ailleurs, c’est bien pour cela qu’il existe aussi autant d’empoisonnements dûes aux mauvaises conditions de transports et de vente des produits agricoles en Afrique: parce que les paysans et vendeurs ne respectent pas les mesures d’hygiènes de base, et cela, essentiellement par ignorance. Essayez donc de trouver des légumes vendus à même le sol, après avoir traînés des heures, voir des journées entières en plein soleil et dans l’humidité, dans nos régions! Mais, si vous ne me croyez pas, demandez un peu ce qui arrive régulièrement à tous ces touristes bon teint qui, voulant se la jouer “autochtones”, se sont amusés à consommer des fruits ou légumes crûs achetés dans ces petits marchés si pittoresques d’Afrique! Une bonne part d’entre eux finissent à l’hôpital avec de violentes fièvres, à cause d’infections virulentes, voir à des parasites, contre lesquels leur système immunologique n’est pas du tout préparé!

      2) Là, comme je l’ai déjà dit, vous n’avez pas lu correctement mon résumé ou l’article de Paarlberg, et l’argument d’autorité, c’est vous qui y avez recourt, en mentionnant le CNRS, mais sans vraiment vous rendre compte que Paarlberg dit pratiquement la même chose! En effet, ce à quoi votre citation fait référence, ce n’est pas à l’agriculture industriel, mais à certaines de ses dérives. Mais, il n’est dit nulle part que l’agriculture bio permettrait de compenser ces défauts tout en nourrissant la population mondiale! Par contre, là où Paarlberg et l’auteur du CNRS diverge, c’est sur la chronologie. Pour le premier, cela fait déjà depuis les années 70 que des mesures ont été prises pour limiter la quantité des produits de synthèses, par le développement de techniques plus ciblées et permettant une diffusion moins fréquente. Enfin, vous ne prenez qu’un petit bout de l’article, mais il se trouve qu’il dit clairement que la réponse sera, évidemment, multifactorielle, et commence, notamment, par un meilleur respect des règles de l’OMC par les pays industrialisés, qui, grâce à ces barrières sanitaires et qualitatives, érigées autours de leurs propres agricultures, empêchent les paysans du reste du monde d’écouler leurs marchandises sur nos marchés!

      3) L’auteur ne dit pas que les Africains consomment essentiellement du bio. De nouveau, vous n’avez pas lu correctement ni mon résumé, ni son article! En effet, ce qu’il dit, c’est que l’agriculture en Afrique est essentiellement bio et elle ne permet, justement, de nourrir pratiquement que leurs producteurs. Et c’est bien pour cela qu’il y “seulement” 1 millions d’Africains par an souffrant d’intoxication alimentaire liée à cette agriculture! Le reste des produits consommés sont effectivement importés! Et ils proviennent en grande partie du surplus des productions européennes et nord-américaines, bénéficiant de subventions publiques à l’exportation leur permettent de les vendre à prix cassé sur les marchés africains, faisant ainsi une concurrence absolument déloyale aux producteurs africains, y compris les quelques rares gros producteurs! Et c’est cela que dénoncent ces pays dans les cercles de l’OMC. Et je peux vous dire que les digues occidentales ne vont pas pouvoir résister pour toujours. Le centre de gravité du pouvoir situé jusqu’à récemment en Occident est en train de fondre et les relations de forces sont en train de se renégocier à la faveur de certains gros pays en voie de développement, dont la Chine, l’Argentine, le Brésil et l’Inde, comme par hasard, de gros producteurs agricoles! Ce n’est qu’une question de temps, mais les barrières vont céder sous leur pression. Et avec la crise financière qui a pris l’Europe et les USA à la gorge, tout en ne touchant presque pas ces pays, vous verrez qu’ils auront quelques très sérieux arguments à faire valoir, s’il le faut, par le chantage!

      4) Ah bon? Et qu’est-ce qui manque?

      5) Je ne sais pas si ces personnes sont nombreuses ou représentatives de quoi que ce soit, mais elles sont bien introduites et ont de l’influence. Il suffit pour s’en convaincre de voir le cas de M. de Schutter, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, soutenu par la journaliste-militante Marie-Monique Robin, dont le film, “Les Moissons du futur”, qui fait l’apologie de l’agroécologie comme alternative à l’agriculture industrielle, a été diffusée et encensée par ARTE, chaîne publique franco-allemande. Son prédécesseur, Jean Ziegler, n’était pas mieux! Par ailleurs, il est un fait que les aides aux développement agricoles se sont reportées sur des aides humanitaires ponctuelles, poussant ainsi les gouvernements de ces pays à compter sur le monde industrialisé pour porter secours à leurs populations lorsque celles-ci sont victimes de leur incurie politique!

      6) Et voilà, de nouveau, vous ne m’avez pas lu, et pourtant, vous me citez mot à mot. J’ai dit “NOMBRE d’écolos URBAINS”, pas TOUS les écolos! Je dis donc clairement que de nombreux écolos, vivant en milieu urbain et ne connaissant pratiquement rien du monde rural, ont tendance à fantasmer complètement le métier de paysan ou d’agriculteur, pour en faire une sorte de culte de l’harmonie naturelle version jardin d’Eden! Ils en représentent pas forcément tous les gens se sentant une fibre écologique, mais ils sont certainement les plus vocaux, les plus bruyants et ceux qui ont le plus d’écho dans les cénacles décisionnels! Comme disait Maître Yoda, ce n’est pas une question de taille ou de muscle, mais de force. Et bien, dans ce cas, ce n’est pas une question de nombre ou de force d’argumentation, mais bien de réseaux d’influence! Et pour influencer les ministres, il vaut mieux être dans la capitale ou y être directement connecté, que loin de tout ce monde dans la campagne!

      Ma conclusion est que votre conclusion ne diffère pas significativement de celle de Paarlberg, et que vous vous seriez épargné tout ce laïus si vous l’aviez lu avec un peu d’attention, au lieu de le classer directement dans le camps de l’ennemi à la simple vue du titre “La grande illusion du bio”, qui vous a probablement laissé penser qu’il était contre le bio par principe et qu’il s’y oppose quoi que l’on puisse lui proposer comme argument, ce qui n’est vraiment pas le cas.

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  6. Tout cela sont des évidences que les agronomes, les géographes et les agro-économites savent depuis toujours. Le simple bon sens permet d’arriver à ces conclusions. Quel monde nous ont formaté les iédologies post-modernes et les media pour en être arrivé à ce degré de stupidité de la pensée main-stream !

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    • Certes, mais tout le monde n’est pas agronome ou géographes ou encore agro-économistes…;-) je trouvais donc juste intéressantes certaines des considérations relevées dans cet article (traduit de l’anglais pour Books….malheureusement, il faut un abonnement pour accéder aussi bien à l’article original de Foreign Policy qu’à sa version en français.)

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