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Sur un fil de la toile #1-2 | Abstraction muséale et objet abstrait

En cherchant quelque-chose dans mes dossiers OneNote, je suis tombée sur cette note que je m’étais faite un beau 8 décembre 2009, qui me permets d’étendre un peu le fil que j’ai commencé à tisser au sujet de l’évolution des musées et de leurs méthodes de médiation avec le grand public.

Dans son article sur les modèles d’études des usages et usagers, Ilka Tuomi (Everyday Innovators: Researching the role of users in shaping ICTs, ed. by Leslie Haddon et al., 2005: 21-38) parle des objets en tant qu’ensemble de significations sociales et culturelles liées à des pratiques stabilisées, qui déterminent alors leurs usages. Elle estime que l’on ne peut considérer un objet en-dehors de cette matrice de pratiques sociotechniques. On peut donc en déduire que les objets sont construits par la pratique et les usages qui en découlent. Il serait donc intéressant, pour souligner cette approche théorique, d’exposer des objets complètement sortis de leur contexte et sans aucune indication de l’utilisation à laquelle il a été destiné, pour en faire ce que Régis Debray appelle des abstractions muséales (Régis Debray, Introduction à la médiologie, Paris: PUF, 2000, p.53). Je ne suis pas sûre de la manière dont on pourrait s’y prendre, mais ce serait une idée marrante et intéressante à explorer.

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